Australie : une raffinerie de terres rares défie la Chine
Australie : une raffinerie de terres rares défie la Chine

L'Australie a inauguré une raffinerie de terres rares dans le cadre d'un projet visant à concurrencer la Chine sur ce marché stratégique. Selon le gouvernement australien, cette installation devrait permettre au pays de capter environ 10 % du marché mondial des terres rares d'ici 2030.

Un projet stratégique pour réduire la dépendance

La raffinerie, située dans la région de Kalgoorlie, en Australie-Occidentale, a été officiellement ouverte le 17 août 2026. Elle est exploitée par la société Lynas Rare Earths, qui a investi plus de 500 millions de dollars australiens dans ce projet. L'objectif est de traiter les minerais extraits localement pour produire des oxydes de terres rares, essentiels à la fabrication d'aimants permanents utilisés dans les véhicules électriques, les éoliennes et l'électronique.

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a déclaré lors de l'inauguration : « Cette raffinerie marque une étape majeure dans notre stratégie visant à sécuriser nos chaînes d'approvisionnement et à réduire notre dépendance à l'égard de la Chine. » Il a également souligné que le projet créerait 200 emplois directs et 500 emplois indirects dans la région.

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Un marché dominé par la Chine

Actuellement, la Chine contrôle environ 90 % du raffinage mondial des terres rares. Cette domination inquiète les pays occidentaux, qui cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement. L'Australie, qui possède l'une des plus grandes réserves de terres rares au monde, entend jouer un rôle clé dans cette diversification.

La nouvelle raffinerie a une capacité annuelle de 10 000 tonnes d'oxydes de terres rares, ce qui représente environ 10 % de la demande mondiale. Les premiers lots devraient être expédiés dès le premier trimestre 2027, selon les responsables de Lynas.

Un impact économique et géopolitique

Ce projet s'inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre la Chine et les pays occidentaux. Les terres rares sont devenues un enjeu géopolitique majeur, car elles sont indispensables à la transition énergétique. L'Union européenne et les États-Unis ont d'ailleurs lancé des initiatives similaires pour réduire leur dépendance à la Chine.

Selon les analystes, la capacité de l'Australie à concurrencer la Chine dépendra de sa capacité à baisser ses coûts de production et à garantir un approvisionnement stable. Le gouvernement australien a déjà signé des accords avec plusieurs pays, dont le Japon et la Corée du Sud, pour sécuriser les débouchés de la production.

L'inauguration de cette raffinerie est un signal fort de la volonté de l'Australie de s'imposer comme un acteur majeur sur le marché des terres rares. Toutefois, les défis restent nombreux, notamment en matière de compétitivité et de protection de l'environnement. Le gouvernement a promis de mettre en place des normes strictes pour minimiser l'impact écologique de l'exploitation minière et du raffinage.

Dans les prochains mois, d'autres projets similaires devraient voir le jour en Australie, notamment dans le Nord du pays, où de nouveaux gisements ont été découverts. Ces initiatives pourraient à terme remodeler le marché mondial des terres rares et offrir des alternatives crédibles à la Chine.

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