Ary Chalus jugé pour détournement de fonds publics en Guadeloupe
Ary Chalus jugé pour détournement de fonds publics

Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, comparaît à partir du 24 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour des faits présumés de détournement de fonds publics et de favoritisme. L'élu, en poste depuis 2015, est accusé d'avoir attribué des marchés publics à des proches sans respecter les règles de mise en concurrence, selon l'ordonnance de renvoi consultée par Le Monde.

Des marchés attribués à des proches

Les faits reprochés à Ary Chalus portent sur plusieurs contrats signés entre 2016 et 2020, représentant un montant total de plus de 2,5 millions d'euros. Selon les enquêteurs, le président régional aurait favorisé des entreprises dirigées par des membres de sa famille ou des amis politiques, notamment dans les secteurs de la communication et de l'événementiel. Par exemple, un contrat de 800 000 euros a été attribué à une société appartenant à son beau-frère sans appel d'offres préalable.

Le parquet financier, qui a diligenté l'enquête, estime que ces pratiques constituent un "système organisé" visant à détourner des fonds publics au profit d'un cercle restreint. "Il y a une forme de captation de l'argent public au bénéfice d'intérêts privés", a déclaré une source proche du dossier, citée par l'AFP.

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Une défense qui conteste les accusations

Ary Chalus, qui nie les faits, a plaidé non coupable lors de l'audience préliminaire. Son avocat, Me Jean-Pierre Brard, a affirmé que son client "n'a jamais cherché à s'enrichir personnellement" et que les marchés litigieux ont été attribués dans l'urgence, notamment après le passage de l'ouragan Irma en 2017, ce qui justifierait selon lui des procédures accélérées. "La région a dû faire face à des situations exceptionnelles qui nécessitaient des réponses rapides", a-t-il argumenté devant la presse.

Le procès, prévu pour durer jusqu'au 10 juillet, pourrait avoir des répercussions politiques majeures en Guadeloupe, où Ary Chalus est une figure influente. En cas de condamnation, il encourt jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende, ainsi qu'une inéligibilité de cinq ans.

Un contexte de tensions politiques

Cette affaire intervient dans un climat politique tendu en Guadeloupe, marqué par des manifestations sociales et des critiques récurrentes sur la gestion des fonds publics. Plusieurs associations anticorruption, dont Anticor, se sont portées parties civiles. "Ce procès est l'occasion de rappeler que personne n'est au-dessus des lois, surtout quand il s'agit de l'argent des contribuables", a commenté un représentant de l'association.

L'audience se déroule sous haute surveillance, avec un dispositif de sécurité renforcé autour du palais de justice. Le verdict est attendu dans les semaines suivant la clôture des débats.

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