L'Assemblée nationale a une nouvelle fois adopté une proposition de loi visant à nationaliser le géant de la sidérurgie ArcelorMittal, un geste hautement symbolique mais qui n'aura pas de conséquence immédiate. Le texte, porté par des députés de la gauche, a été approuvé par 154 voix contre 89, avec le soutien des écologistes et des communistes, tandis que la majorité présidentielle et la droite s'y sont opposées.
Une décision politique forte
Cette proposition de loi, examinée en première lecture, prévoit la nationalisation de l'ensemble des activités d'ArcelorMittal en France, y compris ses sites de production, ses centres de recherche et ses filiales. Les auteurs du texte justifient cette mesure par la nécessité de préserver l'emploi et la souveraineté industrielle du pays, face aux risques de délocalisation et aux décisions stratégiques du groupe.
Un précédent sans suite
Ce n'est pas la première fois que l'Assemblée nationale se prononce en faveur d'une telle nationalisation. En 2024, un texte similaire avait été adopté, mais il n'avait jamais été inscrit à l'ordre du jour du Sénat, faute de volonté politique du gouvernement. Cette fois encore, le gouvernement a indiqué qu'il ne soutenait pas cette initiative, estimant qu'elle serait inefficace et coûteuse.
Réactions contrastées
Du côté des syndicats, on salue une "victoire politique" qui envoie un signal fort à la direction d'ArcelorMittal. La CGT a appelé le gouvernement à "entendre le message des députés" et à engager des discussions avec le groupe pour garantir l'avenir des sites français. En revanche, le Medef et les représentants du patronat dénoncent une "mesure démagogique" qui risque de faire fuir les investisseurs.
Quel avenir pour le texte ?
Le texte doit maintenant être transmis au Sénat, où il a peu de chances d'être adopté, la chambre haute étant dominée par la droite et le centre. Le gouvernement pourrait également décider de ne pas inscrire le texte à l'ordre du jour, comme il l'avait fait précédemment. En attendant, ArcelorMittal a réaffirmé son engagement en France, tout en rappelant que la nationalisation n'était "pas une solution" aux défis de la sidérurgie européenne.
Cette nouvelle adoption par l'Assemblée nationale relance le débat sur la place de l'État dans l'économie et la protection des industries stratégiques. Si elle n'aboutit pas à une nationalisation effective, elle illustre la défiance croissante des parlementaires envers les choix des grands groupes industriels.



