De nouvelles révélations publiées par Mediapart le 14 juillet 2026 mettent en lumière des infractions présumées du Rassemblement National (RN) dans l'utilisation des fonds européens. Selon l'enquête, le parti aurait détourné près de 2,5 millions d'euros de subventions européennes pour financer des activités politiques nationales, en violation des règles de l'Union européenne. Ces fonds étaient destinés à des projets de formation et de recherche, mais auraient été utilisés pour des campagnes électorales et des dépenses de fonctionnement du parti.
Révélations et réactions politiques
Les documents obtenus par Mediapart montrent que des assistants parlementaires européens du RN étaient en réalité employés pour des tâches partisanes, ce qui constitue une fraude aux subventions. Le parquet européen a ouvert une enquête préliminaire en mars 2026, mais aucune inculpation n'a encore été prononcée. Interrogé par Le Monde, un porte-parole du RN a dénoncé une "campagne de diffamation" et affirmé que le parti respectait toutes les règles.
Malgré ces révélations, une alliance inédite s'est formée entre les groupes de droite et d'extrême droite au Parlement européen pour rejeter une motion de censure contre la Commission européenne, qui était accusée de mauvaise gestion des fonds. Cette motion, déposée par les Verts et les socialistes, visait à sanctionner la Commission pour son manque de contrôle. La droite et l'extrême droite, réunissant le Parti populaire européen (PPE) et les Conservateurs et réformistes européens (CRE), ont voté contre, permettant à la Commission d'éviter une crise politique.
Impact et conséquences
Cette alliance a suscité l'indignation des partis pro-européens. "C'est une trahison des valeurs de l'Europe", a déclaré la députée verte allemande Hannah Neumann. "Ils préfèrent protéger leurs intérêts politiques plutôt que de défendre l'intégrité des fonds publics." Selon un sondage Ipsos réalisé après le vote, 67% des Européens estiment que les partis politiques devraient être plus strictement contrôlés dans leur utilisation des fonds européens.
L'affaire pourrait avoir des répercussions sur les prochaines élections européennes de 2027. Le RN, qui espérait capitaliser sur son image anti-système, voit sa crédibilité entamée. De son côté, la droite traditionnelle risque de perdre le soutien des électeurs modérés, qui pourraient se tourner vers les Verts ou les libéraux. La Commission européenne, quant à elle, a promis de renforcer les contrôles et de demander le remboursement des fonds détournés.



