Air Antilles liquidée faute de repreneur crédible
Air Antilles liquidée, faute de repreneur crédible

Air Antilles : fin de parcours judiciaire

Lundi, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a prononcé la liquidation judiciaire de la compagnie régionale Air Antilles, avec cessation immédiate d'activité. Aucune offre de reprise jugée crédible n'ayant été présentée, la justice met ainsi un terme à un feuilleton judiciaire qui durait depuis plusieurs mois.

Des problèmes de sécurité fatals

L'entreprise avait dû interrompre ses vols en décembre 2025 en raison de « défaillances très significatives » en matière de sécurité, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). La maintenance des avions, la formation des équipages et la conduite des opérations aériennes étaient jugées insuffisantes, risquant de provoquer un crash.

Air Antilles, basée en Guadeloupe, avait déjà connu une première liquidation en 2023. Après sa reprise, la propriété était partagée entre la Collectivité de Saint-Martin (60 %) et le groupe Edeis (40 %), avec pour objectif de maintenir et développer l'activité aérienne aux Antilles. Edeis gère par ailleurs une vingtaine d'aéroports en métropole.

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Une grève et une demande de liquidation

Le 14 juillet 2023, 42 pilotes du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) se mettaient en grève. Le groupe Caire, comprenant Air Guyane et Air Antilles, ainsi que son propriétaire Éric Koury, avaient déposé une demande de mise en cessation de paiements et de liquidation judiciaire. Le 2 août, après trois heures d'audience, le tribunal avait placé les deux compagnies en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité de deux mois, espérant trouver un repreneur. Sans succès.

Éric Koury est un habitué des chroniques judiciaires locales. Il avait été condamné en mai dernier pour escroquerie et travail dissimulé par la cour d'appel de Basse-Terre. Il est également actionnaire de Corsair depuis la restructuration de cette compagnie en 2021.

Une flotte réduite

La flotte d'Air Antilles se composait de quatre avions, tous en état de voler : deux ATR 72 (72 sièges), un ATR 42 (48 sièges) et un De Havilland Canada DHC 6 Twin Otter (19 sièges), ce dernier étant dédié à la piste technique de Saint-Barth.

Air Caraïbes désormais seule sur le marché inter-îles

La compagnie régionale desservait les îles françaises des Caraïbes, notamment l'axe nord-sud entre Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique. Cet itinéraire très fréquenté entre Pointe-à-Pitre et Fort-de-France n'est guère concurrencé par la voie maritime, car la traversée de cinq heures ne permet pas un aller-retour dans la journée et coûte presque autant qu'un billet d'avion.

Air France propose un ou deux vols quotidiens entre Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Saint-Martin – Juliana en Airbus A320 (165 sièges), mais à des horaires plus adaptés à la ligne Miami-Cayenne qu'à la desserte locale.

Désormais, Air Caraïbes est la seule compagnie à relier les territoires français des Antilles avec des petits porteurs capables d'atterrir sur des pistes courtes comme celle de Grand Case, à Saint-Martin. Pour cela, elle exploite quatre ATR 72-600 de 74 sièges sur le réseau régional Saint-Martin-Guadeloupe-Martinique.

En transatlantique, Air Caraïbes aligne neuf long-courriers : trois A350-1000 (429 sièges), trois A350-900 (389 sièges), deux A330-300 (354 sièges) et un A330-200 (303 sièges). La compagnie appartient au groupe vendéen Dubreuil, tout comme la low cost French bee, qui utilise des avions neufs : deux A350-1000 (480 sièges) et quatre A350-900 (411 sièges) pour ses vols long-courriers.

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