17 jeunes interpellés pour extorsions violentes à Bordeaux
17 jeunes interpellés pour extorsions à Bordeaux

Une vaste opération de police judiciaire a conduit, mardi 19 mai, à l'interpellation de 17 jeunes hommes suspectés d'appartenir à une équipe criminelle spécialisée dans les coups de force ultra-violents sur la rive droite de l'agglomération bordelaise. Selon le procureur de la République, Renaud Gaudeul, il s'agit de l'une des plus grosses opérations de police judiciaire menées ces dernières années dans le secteur de Bordeaux.

Une enquête de fond déclenchée au printemps 2025

L'enquête a été lancée au printemps 2025 après une multiplication de faits graves avec emploi d'armes à feu. Le 29 juin 2025, un chauffeur VTC a été enlevé à Lormont par une dizaine de personnes armées de fusils d'assaut, persuadées qu'il détenait une grosse somme d'argent. En septembre, décembre 2025 et janvier 2026, de nouveaux coups de feu et tentatives d'extorsion ont eu lieu dans le même secteur. Chaque affaire a fait l'objet d'enquêtes confiées à la division de lutte contre la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), débouchant sur des premières interpellations.

Parallèlement, une enquête plus approfondie a été menée pour établir des liens entre ces faits et une dizaine d'autres, suggérant l'existence d'une équipe spécialisée dans les opérations violentes, probablement à la demande. Pendant un an, les enquêteurs de la DCOS ont travaillé sans relâche pour comprendre et neutraliser cette organisation criminelle, comme l'a précisé la commissaire divisionnaire Laurence Hernandez, cheffe de la DCOS.

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Des commanditaires agissant depuis la prison

Les investigations ont abouti à l'identification et au placement en garde à vue de 17 suspects : neuf ont été interpellés à Lormont, Ambarès et Carbon-Blanc, tandis que huit ont été extraits de prisons de la région où ils étaient détenus pour d'autres affaires. Le procureur Gaudeul a souligné que les deux donneurs d'ordre présumés, âgés de 21 et 23 ans et originaires du quartier Carriet à Lormont, continuaient à commanditer des opérations depuis leurs cellules.

Ils étaient secondés à l'extérieur par trois lieutenants présumés de 18 et 20 ans, cinq logisticiens présumés de 18 à 29 ans et sept exécutants présumés, presque tous mineurs et peu ou pas connus de la police. Les missions étaient diffusées via les réseaux sociaux comme Snapchat, pour des sommes parfois dérisoires, illustrant une banalisation du crime, de l'usage des armes et de la violence, selon le contrôleur général Emmanuel Morin.

Mises en examen et poursuites judiciaires

Sur les 17 interpellés, 16 ont été présentés à un juge d'instruction et mis en examen pour séquestration, extorsion avec arme en bande organisée, association de malfaiteurs et détention d'armes de guerre. Plusieurs suspects contestent les faits, certains ont gardé le silence, tandis que d'autres ont parlé, confirmant la structuration de cette équipe criminelle. Les présentations devant le magistrat instructeur se poursuivaient ce 22 mai.

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