12 États américains s'opposent au rachat de Warner par Paramount
12 États contre rachat Warner-Paramount

Douze États américains, menés par le Texas et la Californie, ont déposé une plainte fédérale pour empêcher le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Global, une opération estimée à 43 milliards de dollars. Les procureurs généraux de ces États estiment que cette fusion créerait un géant des médias qui nuirait à la concurrence et aux consommateurs.

Une action en justice sans précédent

La plainte, déposée le 13 juillet 2025 devant un tribunal fédéral de New York, accuse les deux entreprises de violer les lois antitrust américaines. Selon le procureur général du Texas, Ken Paxton, "cette fusion donnerait à Paramount un contrôle sans précédent sur la production et la distribution de contenus, ce qui étoufferait l'innovation et ferait grimper les prix pour les consommateurs".

Les États plaignants sont : Texas, Californie, New York, Floride, Illinois, Pennsylvanie, Ohio, Michigan, Washington, Massachusetts, Virginie et Colorado. Ils représentent ensemble plus de 40 % de la population américaine.

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Les arguments des opposants

Les procureurs avancent que la fusion entre Warner (qui détient HBO, CNN et la Warner Bros. studio) et Paramount (propriétaire de CBS, MTV, Nickelodeon et Paramount Pictures) créerait un conglomérat capable de dicter ses conditions aux plateformes de streaming et aux chaînes câblées. "Dans ce pays, personne n'est au-dessus des lois", a déclaré le procureur général de Californie, Rob Bonta, lors d'une conférence de presse.

Selon la plainte, la nouvelle entité contrôlerait environ 40 % du marché américain de la production télévisuelle et cinématographique, et près de 60 % de la distribution de contenus sur les réseaux câblés. Les États craignent également des suppressions d'emplois massives : environ 8 000 postes pourraient être menacés, selon des estimations citées dans le document judiciaire.

La défense des entreprises

De leur côté, Warner Bros. Discovery et Paramount Global ont rejeté ces accusations. Dans un communiqué commun, les deux groupes affirment que "cette fusion est nécessaire pour concurrencer les géants de la tech comme Netflix, Amazon et Apple, qui dominent déjà le marché du streaming". Ils promettent que l'opération "profitera aux consommateurs en offrant plus de choix et des prix plus compétitifs".

Les entreprises soulignent également que le marché des médias a radicalement changé ces dernières années, avec l'émergence de nouveaux acteurs et la baisse de l'audience de la télévision traditionnelle. "Bloquer cette fusion, c'est condamner les médias traditionnels à disparaître face à la concurrence étrangère", a déclaré le PDG de Paramount, Bob Bakish.

Quel avenir pour le projet ?

Cette plainte marque une escalade dans l'opposition politique à la concentration des médias aux États-Unis. L'administration Biden a déjà renforcé le contrôle des fusions, mais cette action coordonnée au niveau des États est rare. Le procès pourrait durer plusieurs mois, et une décision est attendue d'ici fin 2025. Si la fusion est bloquée, Warner et Paramount pourraient faire appel ou renégocier les termes de l'accord.

Les analystes estiment que cette affaire pourrait faire jurisprudence pour d'autres fusions dans le secteur des médias, notamment celle entre Disney et Comcast, également évoquée récemment. En attendant, les actions des deux entreprises ont chuté de 5 % à 7 % à Wall Street après l'annonce de la plainte.

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