Le FLNC rejette l'autonomie corse et menace les non-Corses
FLNC: rejet de l'autonomie et menace contre les non-Corses

Le Front de libération nationale corse (FLNC) a officiellement rejeté le projet d'autonomie de la Corse, le qualifiant de « mascarade », et a menacé les personnes non corses venant s'installer sur l'île. Cette position, rapportée par Libération, marque une escalade dans le discours du mouvement nationaliste clandestin.

Un rejet catégorique du projet d'autonomie

Dans un communiqué publié ce jeudi, le FLNC a exprimé son opposition ferme au processus d'autonomie engagé par le gouvernement français et les élus corses. Le mouvement considère ce projet comme une « mascarade » visant à perpétuer la tutelle de l'État français sur la Corse. Selon le FLNC, les discussions en cours ne répondent pas aux aspirations profondes du peuple corse, notamment en matière de reconnaissance de sa souveraineté.

Le FLNC a également adressé un avertissement direct aux « non-Corses » qui viendraient s'installer en Corse, les qualifiant de « nouveaux colons ». Cette menace intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'immigration et du marché immobilier sur l'île, où les prix ont augmenté de 35% en cinq ans, selon les données locales.

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Des menaces qui inquiètent

Les autorités françaises ont réagi avec prudence à ces déclarations. Le ministère de l'Intérieur a rappelé que toute menace proférée à l'encontre de citoyens français est passible de poursuites judiciaires. Des sources policières indiquent que la surveillance du FLNC a été renforcée, notamment dans les zones urbaines comme Ajaccio et Bastia.

Cette prise de position du FLNC intervient alors que le processus d'autonomie, porté par le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, et le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, est en cours de négociation avec Paris. Les discussions, entamées en 2022, visent à accorder une plus grande autonomie à l'île, mais le FLNC estime qu'elles sont insuffisantes.

Un contexte historique sensible

Le FLNC, créé en 1976, a longtemps mené une lutte armée pour l'indépendance de la Corse. Bien que le mouvement ait officiellement déposé les armes en 2014, il reste actif sur le plan politique et revendique toujours l'indépendance totale. Cette nouvelle menace s'inscrit dans une stratégie de pression sur les négociations en cours.

Selon un sondage réalisé en 2023, 65% des Corses se disent favorables à une autonomie élargie, mais seulement 15% soutiennent l'indépendance. Le rejet du FLNC pourrait compliquer les discussions, car le mouvement conserve une influence non négligeable sur une partie de la population.

Réactions politiques

Les partis politiques corses ont réagi diversement. Les nationalistes modérés, comme ceux de Femu a Corsica, ont appelé à la responsabilité et au dialogue, tout en condamnant les menaces. L'opposition de droite a dénoncé une « dérive dangereuse » et a demandé au gouvernement de durcir le ton face au FLNC.

À Paris, le gouvernement a rappelé son attachement à l'unité nationale et à la sécurité de tous les citoyens. Le porte-parole du gouvernement a souligné que la Corse est une terre de France et que toute menace sera traitée avec la plus grande fermeté.

Un impact sur l'économie et la société

Les menaces du FLNC pourraient avoir des répercussions économiques. Les investisseurs et les nouveaux arrivants pourraient être dissuadés de s'installer en Corse, ce qui affecterait le développement de l'île. Le secteur du tourisme, qui représente 20% du PIB local, pourrait également souffrir d'une image dégradée.

Les associations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude face à ces menaces, rappelant que la liberté d'installation est un droit fondamental. Elles appellent à un apaisement des tensions et à un dialogue constructif.

En attendant, la préfecture de Corse a annoncé des mesures de sécurité renforcées dans les lieux publics et les aéroports. Les autorités appellent à la vigilance et à la coopération des citoyens pour maintenir la paix sociale.

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