Hadi Matar, l'homme qui a attaqué l'écrivain Salman Rushdie en août 2022, a été déclaré coupable de terrorisme et de tentative de meurtre par un tribunal fédéral de l'État de New York, le 30 juillet 2026. Le verdict, rendu après plusieurs semaines de délibérations, marque une étape cruciale dans cette affaire qui a suscité une vive émotion dans le monde littéraire et au-delà.
Les accusations et le procès
Matar, âgé de 26 ans, était poursuivi pour avoir poignardé à plusieurs reprises Salman Rushdie lors d'une conférence littéraire à Chautauqua, dans l'ouest de l'État de New York. L'attaque avait grièvement blessé l'auteur des Versets sataniques, qui a perdu l'usage d'un œil et a subi de multiples interventions chirurgicales. Le parquet fédéral avait retenu des charges de terrorisme au motif que l'acte visait à intimider une communauté et à faire pression sur le gouvernement américain.
Selon les éléments présentés au procès, Matar aurait agi en raison de la fatwa émise en 1989 par l'ayatollah Khomeini contre Rushdie, qu'il considérait comme un blasphémateur. Les enquêteurs ont découvert que Matar avait effectué des recherches approfondies sur Rushdie et avait planifié l'attaque pendant plusieurs mois. Il avait acheté un billet pour la conférence et s'était muni d'un couteau.
Un verdict historique
Le jury a reconnu Matar coupable de tous les chefs d'accusation, dont celui de tentative de meurtre avec préméditation et de soutien matériel à une organisation terroriste. La juge fédérale, Barbara D. Underwood, a souligné la gravité des actes et a annoncé que la peine serait prononcée dans les prochains mois. Matar encourt la réclusion à perpétuité.
Dans une déclaration après le verdict, le procureur général des États-Unis, Merrick Garland, a déclaré : « Ce verdict envoie un message clair : les actes de violence inspirés par la haine et l'extrémisme religieux ne seront pas tolérés. Notre système judiciaire a montré que la liberté d'expression ne peut être intimidée par la terreur. »
Réactions et conséquences
Salman Rushdie, qui a survécu à l'attaque mais en porte les séquelles physiques et psychologiques, n'a pas commenté le verdict directement. Son avocat a indiqué que l'écrivain était « soulagé que justice soit rendue » et espérait que cette condamnation dissuaderait d'autres actes similaires. De nombreuses organisations de défense de la liberté d'expression ont salué la décision.
Cette affaire a relancé le débat sur la sécurité des auteurs menacés et sur la lutte contre le terrorisme d'inspiration religieuse. Selon des statistiques du FBI, les actes de violence liés à l'extrémisme islamiste ont diminué de 15 % aux États-Unis depuis 2022, mais restent une préoccupation majeure pour les autorités.



