Donald Trump a rejeté les nombreuses critiques suscitées par la signature controversée de l'accord avec l'Iran, qualifiant ses détracteurs de "jaloux", "malhonnêtes" ou "stupides". Le président américain s'est exprimé jeudi 18 juin sur son réseau Truth Social pour défendre le protocole d'accord signé la veille avec la République islamique, visant à mettre fin à la guerre.
Un accord largement critiqué
Qualifié d'"absurde" par certains et de "pire bourde" par d'autres, l'accord de paix signé par les présidents américain et iranien a provoqué une grogne généralisée. Aux États-Unis, rares sont ceux qui applaudissent ce texte perçu comme favorable à l'Iran. La signature précoce, initialement prévue vendredi à Genève, repousse le dossier nucléaire à de futures négociations.
Ces discussions doivent débuter vendredi 19 juin dans un hôtel de luxe en Suisse, mais le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé son absence. L'agence iranienne Tasnim a également semé le doute sur la participation d'une délégation de Téhéran. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance, annoncée en début de semaine, reste incertaine.
La défense virulente de Trump
Face au scepticisme, Donald Trump a attaqué ses détracteurs : "Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole chutent, sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides."
La veille, il avait surpris tout le monde en signant l'accord au château de Versailles, en France. Ce document vise à mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël, qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et perturbé l'économie mondiale.
Réactions en Iran et aux États-Unis
Du côté iranien, le président Massoud Pezeshkian a salué un document "historique" émanant d'un "Iran puissant". Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que l'accord "acte l'échec des États-Unis". Téhéran obtient notamment le déblocage de ses avoirs gelés à l'étranger et la suspension des sanctions sur la vente de pétrole.
Cependant, les habitants de Téhéran restent prudents. Mina, psychologue de 54 ans, confie : "Je doute fort qu'il soit durable. Peut-être qu'après les 60 jours, les hostilités reprendront."
La presse américaine est sévère, y compris Fox News, qui donne la parole à ceux qui "affirment que le cadre offre à l'Iran d'énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire". Le commentateur conservateur Mark Levin déplore les concessions, comme le fonds de 300 milliards de dollars pour reconstruire l'Iran. Le sénateur Bill Cassidy, rare républicain à critiquer Trump, déclare : "Reagan doit se retourner dans sa tombe, c'est la pire bourde de politique étrangère depuis des décennies."
Détails de l'accord controversé
Le texte prévoit la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis le début de la guerre, et la levée du blocus américain des ports iraniens. Un mécanisme doit traiter les stocks d'uranium hautement enrichi "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA".
En cas d'accord définitif, les États-Unis s'engagent à faciliter, avec leurs partenaires régionaux, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran, sans participation financière américaine. Le plus dur reste à faire : les discussions sur le programme nucléaire iranien, au cœur du conflit, doivent se poursuivre pendant 60 jours.



