Russie: l'arrestation de Xenia Fedorova qualifiée de «persécution»
Russie: arrestation de Xenia Fedorova qualifiée de «persécution»

La diplomatie russe a vivement réagi, jeudi 6 août, à l'arrestation en France de Xenia Fedorova, figure de la propagande pro-Kremlin. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé une « persécution politique », qualifiant l'arrêté d'expulsion pris par les autorités françaises de « mesure arbitraire ». Cette affaire intervient dans un contexte de tensions accrues entre Paris et Moscou, alors que la guerre en Ukraine se poursuit.

Une arrestation qui fait grand bruit

Xenia Fedorova, connue pour ses positions radicalement pro-Poutine et ses diatribes contre l'Occident, a été interpellée à son domicile parisien mardi 4 août. Selon une source proche du dossier, elle a été placée en centre de rétention administrative en vue de son expulsion vers la Russie. Cette mesure fait suite à un arrêté signé par le ministre de l'Intérieur, qui la considère comme une menace pour l'ordre public en raison de ses activités de propagande.

La Russie, par la voix de sa porte-parole, Maria Zakharova, a immédiatement réagi : « Nous considérons cette arrestation comme une persécution politique inacceptable. Les autorités françaises tentent de faire taire une voix critique, ce qui est contraire aux principes de la liberté d'expression. » Elle a ajouté que Moscou prendrait des mesures de rétorsion si la situation n'était pas résolue.

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Le parcours d'une propagandiste influente

Née à Moscou en 1985, Xenia Fedorova s'est installée en France il y a une dizaine d'années. Elle s'est fait connaître par ses interventions virulentes sur les réseaux sociaux et sur des chaînes de télévision russes, où elle défendait sans relâche la politique de Vladimir Poutine, notamment l'annexion de la Crimée et l'offensive en Ukraine. Ses vidéos, souvent relayées par des médias pro-Kremlin, cumulent des centaines de milliers de vues.

En 2023, elle avait déjà été signalée par les services de renseignement français pour ses appels à la haine et ses tentatives de déstabilisation. Une enquête avait été ouverte, mais aucune poursuite n'avait abouti. Aujourd'hui, l'arrêté d'expulsion marque un durcissement de la position française à l'égard des agents d'influence russes.

Une escalade diplomatique

Cette affaire intervient alors que les relations entre la France et la Russie sont déjà au plus bas. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Paris a expulsé plusieurs diplomates russes et pris des mesures pour lutter contre la désinformation. En réponse, Moscou a expulsé des diplomates français et a inscrit la France sur sa liste des pays « inamicaux ».

Les experts estiment que cette arrestation pourrait entraîner de nouvelles représailles russes. « La Russie utilise souvent ces affaires pour justifier des expulsions de diplomates ou des restrictions sur les ressortissants français », explique Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie. « Il faut s'attendre à des tensions accrues, même si Moscou sait que la France ne cédera pas sur ce dossier. »

La France assume sa décision

Du côté français, on assume pleinement cette décision. Le ministère de l'Intérieur a rappelé que l'arrêté d'expulsion a été pris dans le respect des procédures légales et que Xenia Fedorova avait la possibilité de contester cette mesure devant le tribunal administratif. « La France ne tolérera pas que des individus utilisent son territoire pour mener des activités de propagande hostiles à ses intérêts et à ceux de ses alliés », a déclaré une porte-parole.

Des associations de défense des droits de l'homme ont toutefois exprimé des réserves, soulignant que la liberté d'expression doit être protégée, même pour des opinions controversées. « Il est dangereux de criminaliser des discours, aussi condamnables soient-ils. Cela pourrait créer un précédent », a averti un représentant de la Ligue des droits de l'homme.

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Quelles conséquences pour la suite ?

Si l'expulsion est confirmée, Xenia Fedorova serait renvoyée en Russie, où elle pourrait continuer ses activités de propagande sans entrave. Mais cette affaire pourrait aussi avoir des répercussions sur la communauté russe en France, certains craignant des mesures de rétorsion contre les ressortissants français en Russie. Selon un décompte officiel, environ 200 000 Russes vivent en France, dont beaucoup sont opposés au régime de Poutine.

L'avenir de Fedorova est désormais entre les mains de la justice administrative. Une audience est prévue dans les prochains jours pour examiner son recours. En attendant, elle reste en rétention, et les regards sont tournés vers Moscou, qui pourrait durcir le ton dans les prochaines heures.