L'armée russe a enregistré en juillet ses pertes les plus lourdes depuis le début de la guerre en Ukraine, avec plus de 45 000 soldats tués ou blessés, selon l'état-major ukrainien. Ce bilan, publié mardi 4 août, intervient alors que des frappes ont fait quatre morts en Crimée et cinq dans la région de Moscou.
Un mois de juillet meurtrier pour les troupes russes
Selon les données communiquées par l'état-major général des forces armées ukrainiennes, le mois de juillet a été particulièrement sanglant pour l'armée russe. Les pertes mensuelles dépassent les 45 000 hommes, un record depuis l'invasion de février 2022. Ce chiffre inclut les morts, les blessés et les disparus, et reflète l'intensité des combats sur le front de l'Est.
Le porte-parole du ministère de la Défense ukrainien, Andriy Yusov, a déclaré : « Ces pertes massives montrent que l'armée russe épuise ses ressources humaines sans obtenir de gains significatifs. » Il a ajouté que les pertes russes en équipements sont également élevées, avec des centaines de chars et de véhicules blindés détruits.
Frappes en Crimée et dans la région de Moscou
Dans la nuit de lundi à mardi, des explosions ont été signalées en Crimée, péninsule annexée par la Russie en 2014. Selon les autorités locales, quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une attaque de drone. Les responsables russes ont accusé l'Ukraine d'être derrière cette frappe, sans toutefois fournir de preuves.
Dans la région de Moscou, une autre attaque a fait cinq morts, selon le gouverneur régional Andrei Vorobyov. Il a précisé que des débris de drone ont été retrouvés sur un site industriel, et que les services de sécurité enquêtent. Ces incidents montrent que la guerre s'étend au-delà des zones de combat, touchant des cibles en profondeur en Russie.
Impact sur le conflit et réactions internationales
Ces pertes et frappes interviennent alors que la contre-offensive ukrainienne se poursuit dans le sud et l'est du pays. Les analystes estiment que les pertes russes pourraient affaiblir leur capacité à maintenir leurs positions, mais que Moscou continue de recruter massivement pour compenser.
La communauté internationale suit de près la situation. Un diplomate européen, sous couvert d'anonymat, a souligné que « ces chiffres illustrent la réalité brutale de la guerre et la nécessité de trouver une solution diplomatique ». Cependant, les négociations restent au point mort.
Des pertes record qui interrogent sur la stratégie russe
Les pertes de juillet dépassent de loin celles des mois précédents. En juin, elles étaient estimées à environ 30 000, et en mai à 25 000. Cette escalade s'explique par l'augmentation des combats sur le front de Donetsk, où les forces russes mènent des assauts répétés contre les lignes ukrainiennes.
Des experts militaires, comme le général à la retraite français Jean-Pierre Perrin, interrogé par Libération, estiment que « la Russie sacrifie ses hommes pour gagner du terrain, mais cela n'est pas tenable à long terme ». Il rappelle que les pertes totales russes depuis le début de la guerre dépassent les 500 000 hommes, selon les estimations ukrainiennes et occidentales.
La contre-offensive ukrainienne se poursuit
Malgré les pertes, l'Ukraine continue de progresser lentement dans les régions de Zaporijjia et de Donetsk. L'état-major ukrainien affirme avoir libéré plusieurs localités au cours des dernières semaines, consolidant ses positions sur la rive gauche du Dniepr.
Le président Volodymyr Zelensky a salué les efforts des soldats ukrainiens, déclarant dans son allocution quotidienne : « Chaque mètre de notre terre est défendu avec un courage incroyable. Nous avançons, malgré la douleur et les sacrifices. »
Conclusion : une guerre qui s'enlise
Alors que le conflit entre dans son troisième hiver, les pertes humaines continuent de s'accumuler des deux côtés. Les frappes en Crimée et près de Moscou montrent que l'Ukraine cherche à étendre le champ de bataille, tandis que la Russie tente de maintenir sa pression sur le front. La question de l'issue du conflit reste ouverte, mais les coûts humains et matériels deviennent insoutenables.



