Ceuta : le Maroc a besoin d'un nouveau contrat social
Ceuta : le Maroc doit repenser son contrat social

La crise migratoire de Ceuta en mai 2021 a révélé les fractures profondes de la société marocaine. Alors que les autorités ont présenté un nouveau plan de développement pour les provinces du Nord, de nombreux observateurs estiment que cette approche est insuffisante. Selon un article du Monde, le Maroc n'a pas besoin d'un énième plan de développement, mais d'un véritable contrat social renouvelé, fondé sur la dignité, l'égalité et la participation citoyenne.

Une crise révélatrice

L'afflux de plus de 8 000 migrants vers Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc, a mis en lumière le désespoir économique et social qui touche particulièrement les jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse 30 %, et les inégalités territoriales restent criantes. Les provinces du Nord, comme Al Hoceïma ou Nador, souffrent d'un manque d'investissements chronique et d'un accès limité aux services de base.

Pour l'économiste marocain Najib Akesbi, interrogé par Le Monde, « les plans de développement successifs ont échoué car ils sont conçus de manière technocratique, sans réelle implication des populations concernées ». Il ajoute : « Ce dont le Maroc a besoin, c'est d'un nouveau contrat social qui garantisse les droits fondamentaux et offre des perspectives réelles aux jeunes. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les limites des plans de développement

Le nouveau plan annoncé par le gouvernement marocain pour les provinces du Nord prévoit des investissements de 8 milliards de dirhams (environ 750 millions d'euros) sur cinq ans. Mais ce plan, comme les précédents, est critiqué pour son approche descendante. Les projets d'infrastructures, de zones industrielles ou de stations touristiques ne s'attaquent pas aux racines du malaise : la corruption, l'absence d'État de droit et la marginalisation politique.

« Les Marocains n'ont pas besoin de routes ou de ports supplémentaires, ils ont besoin de justice sociale et d'opportunités économiques équitables », souligne l'analyste politique Khadija Elmadmad. Selon elle, la crise de Ceuta est un symptôme d'un malaise plus profond qui touche l'ensemble du pays.

Vers un nouveau contrat social

Un nouveau contrat social impliquerait une refonte des relations entre l'État et les citoyens. Cela passerait par la lutte contre la corruption, une réforme en profondeur du système éducatif, une décentralisation effective et une participation accrue des citoyens aux décisions publiques. Le Maroc dispose de ressources et de potentialités, mais il doit les répartir plus équitablement.

L'article du Monde rappelle que le roi Mohammed VI lui-même a évoqué la nécessité d'un « nouveau modèle de développement » en 2017, mais les résultats se font attendre. La pandémie de Covid-19 a encore aggravé les inégalités, poussant de nombreux Marocains à tenter l'aventure migratoire.

L'urgence d'agir

La communauté internationale, et en particulier l'Union européenne, doit également revoir sa politique de coopération avec le Maroc. Plutôt que de se focaliser sur le contrôle des frontières, elle devrait soutenir des projets qui favorisent le développement humain et la création d'emplois. La crise de Ceuta a montré que la sécurité ne peut pas être durable sans développement partagé.

En conclusion, le Maroc est à un tournant. Les Marocains aspirent à plus de dignité, de transparence et de participation. Un nouveau contrat social est indispensable pour répondre à ces aspirations et éviter de nouvelles crises. Comme le souligne l'article, « le Maroc n'a pas besoin d'un nouveau plan de développement, mais d'un nouveau contrat social ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale