Trump qualifie de "monumentale erreur" le refus des alliés de l'Otan envers l'Iran
Trump critique le refus des alliés Otan sur l'Iran

Une "erreur monumentale" selon l'ancien président américain

Donald Trump a vivement critiqué ce mardi 17 mars le refus de la majorité des alliés de l'Otan de s'impliquer dans l'opération militaire israélienne en Iran, qualifiant cette position de "monumentale erreur". Ce week-end précédent, l'ancien président américain avait déjà exhorté plusieurs nations, via un message sur son réseau Truth Social, à soutenir les États-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, actuellement bloqué par l'Iran. Ce passage stratégique voit transiter un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié.

Des appels pressants et des menaces explicites

"Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres pays enverront des navires dans la région afin que le détroit d'Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité", avait déclaré Trump. Dans une interview accordée au Financial Times, il avait également menacé l'Otan de conséquences sévères : "S'il n'y a pas de réponse ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan", avait mis en garde le dirigeant républicain.

Une Europe unie dans le refus

La France, l'Allemagne, la Grèce, la Pologne et d'autres nations européennes ont multiplié les refus. Les dirigeants du Vieux Continent estiment qu'il est préférable de se concentrer sur la gestion des conséquences financières du conflit, comme la hausse des prix de l'énergie et les perturbations potentielles de l'approvisionnement alimentaire, plutôt que de s'engager militairement. Cette salve de réponses négatives adressée à Donald Trump "fait jubiler les médias européens", selon Courrier International.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une analyse cinglante de la presse européenne

"C'est précisément le président qui joue depuis un an à la petite brute de cour d'école qui demande aujourd'hui à ses partenaires de le soutenir dans sa guerre contre l'Iran", relève le magazine allemand Stern. Le quotidien catalan Ara affirme que "l'Europe se montre ferme et n'enverra pas de mission à Ormuz comme le voulait Donald Trump". D'autres journaux, comme La Repubblica, parlent d'une "double claque pour Donald Trump", tandis qu'Il Fatto Quotidiano arbore une photo de l'ancien président qualifié de "pyromane".

Les raisons du refus européen

Le média américain Bloomberg constate que "l'Europe apprend à dire 'non' à Donald Trump concernant sa guerre en Iran". Près de trois semaines après le début du conflit qui s'intensifie, les dirigeants européens ont cessé d'hésiter et affirment clairement qu'ils ne soutiendront pas la campagne menée avec Israël. Le Wall Street Journal (WSJ) souligne que "les Européens ont raison de rappeler que Donald Trump ne les a pas consultés avant de lancer cette nouvelle vague de bombardements contre l'Iran".

Des conséquences potentielles pour l'Europe

Un éventuel engagement européen pourrait avoir des répercussions négatives pour le Vieux Continent. "En Iran, en particulier, les Européens ont peu à gagner et beaucoup à perdre", estime Bloomberg. Le chaos pourrait provoquer un afflux massif de réfugiés vers l'Europe, quelques années seulement après la dernière vague migratoire en provenance du Moyen-Orient. On craint également qu'une implication en Iran ne ravive les attentats terroristes qui ont secoué l'Europe il y a dix ans.

Un avertissement sévère pour les alliés

Le WSJ met en garde : "Les plus grands perdants à long terme seront les pays qui dépendent de la puissance américaine pour dissuader les agresseurs". "Les alliés pourraient bien regretter leur joie mal placée face à la situation délicate de Donald Trump dans le détroit d'Ormuz", poursuit le quotidien. Car Donald Trump "n'oublie rien, et l'Europe ne peut tout simplement pas se défendre sans la puissance militaire américaine". Bloomberg rappelle également que le président américain "critique depuis longtemps les garanties de sécurité offertes par les États-Unis à l'Europe" et "menace" l'Otan de "très mauvaises" conséquences s'il n'obtient pas gain de cause.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des craintes de représailles

Certains médias européens partagent ce point de vue et estiment que Donald Trump pourrait notamment se venger sur le dossier ukrainien. Selon le quotidien romain La Repubblica, "l'appel de Donald Trump aux alliés pourra difficilement être repoussé explicitement pendant longtemps". L'escalade verbale représente donc un pari risqué pour l'Europe, qui doit naviguer entre ses principes et ses intérêts stratégiques.