Un revers historique pour Berlin
L'Allemagne a subi un revers diplomatique historique ce jeudi 4 juin 2026 en échouant à obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la première fois depuis son adhésion à l'organisation en 1973. Lors du scrutin organisé à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, Berlin a été battue par l'Italie et les Pays-Bas, qui se sont partagé les deux sièges réservés au groupe des États d'Europe occidentale et autres.
Un scrutin serré
Les trois pays étaient en lice pour deux places. Au terme de plusieurs tours de vote, l'Italie a obtenu 128 voix, les Pays-Bas 121, tandis que l'Allemagne n'en a recueilli que 98, insuffisant pour décrocher un siège. Ce résultat marque une première pour l'Allemagne, qui avait toujours réussi à siéger au Conseil depuis sa première candidature en 1977. La défaite est d'autant plus surprenante que Berlin menait une campagne active depuis des mois, mettant en avant son engagement multilatéral et ses contributions financières à l'ONU.
Les raisons de l'échec
Plusieurs facteurs expliquent cet échec. D'une part, la concurrence accrue au sein du groupe occidental, avec des candidatures de poids comme l'Italie et les Pays-Bas. D'autre part, la perception de l'Allemagne comme trop alignée sur les positions américaines sur certains dossiers, comme la guerre en Ukraine ou la politique au Moyen-Orient, a pu lui coûter des voix parmi les pays non alignés. Enfin, des critiques sur son manque de soutien aux pays en développement dans les forums onusiens ont également été évoquées.
Réactions à Berlin
À Berlin, la déception était palpable. Le ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a reconnu le résultat amer, mais a insisté sur le fait que l'Allemagne continuerait à jouer un rôle actif au sein de l'ONU. "Nous acceptons ce vote, mais nous ne renonçons pas à notre engagement pour un ordre international fondé sur des règles", a-t-elle déclaré. L'opposition a critiqué la politique étrangère du gouvernement, estimant que ce revers reflétait un manque de vision stratégique.
Conséquences pour l'ONU
Ce scrutin intervient dans un contexte de réformes récurrentes du Conseil de sécurité, dont la composition est jugée obsolète par de nombreux États membres. L'absence de l'Allemagne, qui plaide pour une réforme élargissant le Conseil à de nouveaux membres permanents, affaiblit temporairement la voix européenne au sein de l'instance. Les Pays-Bas et l'Italie, qui siégeront pour deux ans à partir de janvier 2027, devront porter les dossiers européens.



