L'Ordre des avocats et la Cimade ont saisi le tribunal administratif de Bordeaux en référé pour demander la mise aux normes du centre de rétention administrative (CRA) situé dans les sous-sols de l'hôtel de police de Mériadeck. Ils dénoncent des conditions de détention dégradées, notamment une insalubrité manifeste et l'absence de médecin pendant trois semaines.
Une situation préjudiciable aux droits fondamentaux
Le CRA de Bordeaux est un lieu de rétention pour les étrangers sans papiers en instance d'éloignement. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une prison, les personnes retenues ne sont pas libres de leurs mouvements. Selon les requérants, les conditions actuelles portent atteinte à la dignité humaine. Un retenu ayant suspecté la gale a dû attendre trois semaines pour voir un médecin, et le traitement a été insuffisant, nécessitant un transfert au CHU et un isolement de sept jours.
Des locaux inadaptés
Les avocats déplorent l'absence d'une salle d'isolement médical adaptée. La seule pièce disponible est sommaire, avec une lumière allumée en permanence, ce qui ne convient pas à un isolement médical. Ils estiment que cette situation constitue un traitement inhumain et dégradant, justifiant une mise en conformité des locaux, voire la fermeture du centre.
La préfecture se défend
La préfecture de la Gironde conteste ces accusations, affirmant que les préconisations sanitaires ont été suivies et que l'Agence régionale de santé n'a pas recommandé la suspension de l'activité. Cependant, les services de l'État ont reconnu avoir cherché une salle adaptée dans un autre CRA, ce qui sous-entend que la salle actuelle n'est pas adaptée. Ils justifient la présence du médecin comme étant assurée en fonction des besoins et des disponibilités.
Décision attendue
Le juge des référés doit rendre sa décision samedi. Cette affaire rappelle la maxime de Dostoïevski : « Le degré de civilisation d'une société peut être jugé en entrant dans ses prisons. »
Un nouveau CRA en construction
La construction d'un nouveau centre de rétention à Mérignac est en cours depuis 2019. Il comptera 140 places, dont 14 réservées aux femmes, et devrait ouvrir au second semestre 2026. L'actuel CRA fermera à cette occasion, comme l'avait annoncé la préfecture après des dégradations survenues en janvier.



