Le gouvernement somalien a annoncé vendredi une période de transition à la suite de l'expiration du mandat du président Hassan Sheikh Mohamoud, sans qu'aucune élection ne soit prévue à court terme. Cette décision, prise dans un contexte de tensions politiques croissantes, a suscité des inquiétudes parmi les observateurs internationaux et la société civile.
Un mandat arrivé à échéance
Le mandat du président Hassan Sheikh Mohamoud a officiellement pris fin le 8 mai 2026, mais aucune date n'a été fixée pour l'élection de son successeur. Le gouvernement a justifié cette situation par des défis sécuritaires et logistiques, notamment la menace persistante du groupe terroriste Al-Shabaab et les divisions politiques internes.
Selon un communiqué officiel, une période de transition sera mise en place pour gérer les affaires courantes jusqu'à ce qu'un consensus politique soit trouvé sur le processus électoral. Cette annonce intervient après plusieurs mois de négociations infructueuses entre le gouvernement fédéral et les États régionaux.
Réactions mitigées
Les réactions à cette annonce sont partagées. D'un côté, certains responsables politiques ont salué la décision comme un moyen d'éviter un vide institutionnel. De l'autre, l'opposition et des organisations de la société civile dénoncent une manœuvre du pouvoir en place pour prolonger son maintien au pouvoir.
- L'opposition accuse le président de chercher à rester en place sans mandat légitime.
- Les partenaires internationaux, dont l'ONU et l'Union africaine, appellent à un dialogue inclusif pour organiser des élections crédibles.
- La population somalienne, déjà éprouvée par des décennies de conflit, craint une nouvelle période d'instabilité.
Enjeux sécuritaires et politiques
La Somalie est confrontée à de multiples défis : la lutte contre Al-Shabaab, les tensions entre le gouvernement fédéral et les États régionaux, ainsi qu'une grave crise humanitaire. L'absence d'élections régulières risque d'exacerber ces problèmes et de compromettre les progrès réalisés ces dernières années.
Le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, James Swan, a exprimé sa préoccupation : « Il est essentiel que les dirigeants somaliens placent l'intérêt national au-dessus de leurs ambitions personnelles et travaillent ensemble pour organiser des élections pacifiques et transparentes. »
Vers une sortie de crise ?
Le gouvernement a promis de poursuivre les consultations avec toutes les parties prenantes pour définir une feuille de route électorale. Cependant, aucun calendrier précis n'a été annoncé. Les analystes estiment que la période de transition pourrait durer plusieurs mois, voire plus, si les divisions politiques persistent.
En attendant, la communauté internationale observe avec attention l'évolution de la situation en Somalie, pays clé dans la région de la Corne de l'Afrique. La stabilité politique est cruciale pour la lutte contre le terrorisme et le développement économique du pays.



