Suspension de médias français au Niger par la junte
Dix médias français suspendus au Niger

Le régime militaire nigérien a annoncé la suspension d'une dizaine de médias français, dont Mediapart, l'AFP et TF1, les accusant de « mettre en péril l'ordre public ». Cette décision, rendue publique le 9 mai 2025, marque une escalade dans les tensions entre le Niger et la France depuis le coup d'État de juillet 2023.

Des accusations de désinformation

Dans un communiqué, le ministère de la Communication nigérien a justifié ces suspensions par la diffusion d'informations « tendancieuses et partiales » qui nuiraient à la sécurité nationale. Les médias concernés sont accusés de relayer des « fake news » et de faire le jeu des « forces hostiles » au Niger. Parmi les entités visées figurent également Le Monde, Le Figaro, France Info, France 24, Radio France Internationale (RFI), ainsi que les sites d'information en ligne Jeune Afrique et Le Point.

Réactions internationales

Cette mesure a suscité une vive réaction de la part des organisations de défense de la liberté de la presse. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une « attaque sans précédent contre le pluralisme des médias » et appelé les autorités nigériennes à revenir sur leur décision. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a exprimé sa « profonde préoccupation » et demandé la levée immédiate des suspensions.

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Un contexte de tensions diplomatiques

Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum, les relations entre le Niger et la France se sont considérablement dégradées. La junte, dirigée par le général Abdourahamane Tiani, a multiplié les actions hostiles envers l'ancienne puissance coloniale, allant jusqu'à expulser l'ambassadeur français en septembre 2023. Les médias français sont régulièrement critiqués par les autorités nigériennes, qui les accusent de couvrir les événements de manière biaisée.

Impact sur la liberté de la presse

Cette suspension intervient dans un climat de restrictions croissantes des libertés au Niger. Plusieurs journalistes locaux ont été arrêtés ces derniers mois, et des médias indépendants ont vu leurs activités entravées. Les organisations de défense des droits humains craignent que cette décision ne serve de précédent pour museler davantage la presse.

Les médias suspendus disposent d'un délai de 48 heures pour présenter leurs observations avant que la suspension ne devienne définitive. En attendant, l'accès à leurs contenus est bloqué sur le territoire nigérien, et les correspondants locaux sont priés de cesser toute activité.

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