La centrale de Zaporijia privée d'alimentation électrique externe
Dans la nuit du 10 au 11 juin 2026, la centrale nucléaire de Zaporijia, située dans le sud de l'Ukraine et actuellement sous contrôle russe, a perdu toute alimentation électrique externe. Cette situation critique a immédiatement alerté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a exprimé de vives inquiétudes quant aux dangers permanents pour la sûreté nucléaire du site.
Un incident aux conséquences potentiellement graves
Selon les informations communiquées par l'AIEA, la perte d'alimentation externe a contraint la centrale à recourir à ses générateurs diesel de secours pour maintenir les systèmes de refroidissement essentiels. Ces générateurs ne disposent que d'une autonomie limitée en carburant, ce qui pourrait, en cas de panne prolongée, conduire à une surchauffe des réacteurs et à un accident nucléaire majeur.
L'AIEA a souligné que cet incident démontre une fois de plus les risques permanents auxquels est exposée la centrale de Zaporijia, la plus grande d'Europe, depuis le début du conflit en Ukraine. Les combats autour du site ont déjà provoqué à plusieurs reprises des coupures de lignes électriques et des dommages aux infrastructures.
Les réactions internationales
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré : “La situation à Zaporijia reste extrêmement fragile et dangereuse. Chaque incident de ce type nous rappelle que la sûreté nucléaire ne peut être garantie dans un contexte de guerre. Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à respecter les principes de sécurité nucléaire.”
De son côté, le gouvernement ukrainien a accusé les forces russes d'avoir délibérément saboté les lignes électriques, ce que Moscou dément. Kiev a réitéré sa demande de démilitarisation de la centrale et de création d'une zone de sécurité autour du site, une proposition soutenue par l'AIEA mais jusqu'ici non appliquée.
Les enjeux de sûreté nucléaire
La centrale de Zaporijia, qui compte six réacteurs de type VVER-1000, est à l'arrêt depuis plusieurs mois, mais elle nécessite toujours une alimentation électrique pour refroidir le combustible usé et maintenir les systèmes de sécurité. La perte de cette alimentation expose le site à un risque de fusion du cœur, comparable à celui de Fukushima en 2011.
L'AIEA a rappelé que les générateurs diesel de secours ne peuvent fonctionner que quelques jours avant de devoir être rechargés. Or, l'accès au site est compliqué par les combats, ce qui rend difficile le ravitaillement en carburant. L'agence a également noté que les équipes de l'AIEA présentes sur place avaient signalé des tirs d'artillerie à proximité des bâtiments abritant les générateurs.
Un appel à la désescalade
Face à cette situation, l'AIEA a renouvelé son appel à une désescalade immédiate et à la mise en place de mesures concrètes pour protéger la centrale. Cela inclut l'arrêt de tous les tirs à proximité du site, la sécurisation des lignes électriques et la garantie d'un accès libre pour les équipes de maintenance et d'inspection.
L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement de mettre en danger la sûreté nucléaire, tandis que la communauté internationale reste impuissante face à l'impasse militaire. L'incident de cette nuit est le plus grave depuis la prise de contrôle de la centrale par les forces russes en mars 2022, et il soulève des questions sur la capacité à éviter une catastrophe nucléaire en plein conflit.
Les experts estiment que le risque d'un accident majeur à Zaporijia est désormais plus élevé que jamais, et qu'une action urgente est nécessaire pour prévenir un désastre aux conséquences régionales et mondiales.



