Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, s'est rendu sur le site d'Orano Melox à Chusclan le vendredi 12 juin pour soutenir la réindustrialisation de la France. Il a profité de cette visite pour découvrir l'école des métiers du nucléaire et aborder les thèmes de l'attractivité et de la mixité dans les métiers industriels.
Un engagement fort pour l'industrie nucléaire
« Le nucléaire est l’un de nos points forts. Je suis le premier soutien pour le retour au premier plan de l’industrie », a déclaré le ministre. Orano, avec son large éventail de formations, se positionne comme un acteur clé de la réindustrialisation. D'ici 2033, la filière nucléaire prévoit 100 000 recrutements. « Orano a créé ses propres écoles (7 écoles de formation et une école de management) et apporte les compétences dont auront besoin les jeunes », a ajouté Jean-Pierre Farandou.
Féminisation et inclusion des seniors
Le ministre a également mis en avant les efforts d'Orano en matière d'emploi des femmes et des salariés expérimentés (plus de 50 ans). « Les femmes ne sont pas assez présentes dans les filières techniques, on doit faire quelque chose. Ici, il y en a de plus en plus (31 % de femmes dans les recrutements en CDI). Au niveau des expérimentés, c’est pareil, l’entreprise veut en embaucher au moins 10 % », a-t-il souligné.
Hélène Derrien, directrice des ressources humaines du groupe Orano, a fourni des chiffres illustrant la progression de la féminisation : « Il y a 32 % de femmes dans les comités de direction et plus de 250 femmes dans des programmes de développement du leadership. On fait un effort constant pour atteindre l’équité de rémunération entre les collaborateurs femmes et hommes à responsabilités et profils équivalents. »
Des formations dédiées aux femmes
Orano a lancé cette année Boost’elles, une formation interne destinée aux femmes managers de proximité à Melox. « Pour solliciter les femmes à aller vers ces filières scientifiques, il faut aller dans les écoles et les collèges. C’est pour cela qu’on a beaucoup de relations avec les écoles de tous les niveaux », a expliqué Hélène Derrien. Le ministre a salué cette initiative : « On sent qu’il y a une politique délibérée de féminiser les métiers du nucléaire ici. » Il a ajouté que « les femmes doivent se sentir à l’aise dans le monde du travail. Il faut tenir compte des événements physiologiques qui peuvent les toucher, comme la grossesse, la ménopause, l’endométriose…, il faut s’adapter. »
Visite de l'école des métiers du nucléaire
Pour appréhender les réalités des métiers du nucléaire, Jean-Pierre Farandou a visité l'école des métiers du nucléaire, guidé par Arnaud Capdepon, directeur du site d'Orano Melox. Il a découvert les boîtes à gant et s'est essayé à démonter des capteurs dans l'une d'elles. « On voit très vite les difficultés », a-t-il plaisanté.
L'électricité décarbonée, un « nouvel or blanc »
Le ministre a profité de sa visite pour promouvoir l'électricité décarbonée issue du nucléaire et des énergies renouvelables. « Il faut que les Français se rendent compte qu’on a dans les mains un nouvel or blanc. L’or noir, c’était le pétrole mais ses réserves ne sont pas illimitées. Puis, ça émet beaucoup de CO2 et malheureusement le réchauffement climatique est une réalité. Plus d’1,5 degré, c’est en marge mais vous avez vu qu’au mois de mai, on a atteint des niveaux de températures qu’on n’avait jamais connus en France », a-t-il expliqué.
« En France, on a pris des décisions stratégiques avec nos industriels, qui sont en train de les mettre en place. On va disposer d’énormément d’électricité, qu’on pourra même vendre aux autres pays. Puis surtout, elle pourra permettre d’alimenter les filières nouvelles, comme les data center par exemple avec l’intelligence artificielle. Ce sont des installations qui consomment beaucoup d’électricité et nous, on l’aura. Les investisseurs vont venir en France car il y a de l’électricité décarbonée et en termes de valeur ajoutée, on pourra capter cette valeur. Le choix stratégique du nucléaire et des énergies renouvelables, c’est le choix de l’électricité décarbonée abondante et peu coûteuse. C’est une excellente nouvelle pour notre pays et les Français », a conclu Jean-Pierre Farandou.



