Selon une étude récente, près de six milliards de poissons, crustacés et méduses sont victimes chaque année des centrales nucléaires françaises. Ces organismes marins sont aspirés dans les systèmes de refroidissement des réacteurs ou tués par les chocs thermiques et mécaniques.
Un impact massif sur la biodiversité marine
L'étude, menée par des chercheurs de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), révèle que les centrales nucléaires situées en bord de mer ou le long des fleuves ont un impact considérable sur la faune aquatique. Chaque année, environ 5,8 milliards d'organismes, dont des poissons, des crustacés et des méduses, sont affectés.
Les mécanismes de mortalité
Les poissons et autres organismes sont aspirés avec l'eau de refroidissement dans les circuits des centrales. Une fois à l'intérieur, ils subissent des chocs thermiques, des variations de pression et des dommages mécaniques. Beaucoup meurent immédiatement, tandis que d'autres sont rejetés morts ou mourants dans le milieu naturel.
Les crustacés et les méduses sont particulièrement vulnérables en raison de leur taille et de leur fragilité. Les juvéniles de poissons sont également très touchés, ce qui affecte le renouvellement des populations.
Des disparités selon les sites
L'impact varie considérablement selon les centrales. Les plus anciennes, comme celle de Gravelines, ont un taux de mortalité plus élevé en raison de systèmes de filtration moins performants. Les centrales situées sur des fleuves à fort débit, comme celle de Civaux, aspirent davantage d'organismes.
Les chercheurs recommandent l'installation de systèmes de filtration plus efficaces et de dispositifs de déviation pour réduire la mortalité. Certaines centrales ont déjà mis en place des mesures, mais les progrès restent insuffisants.
Un problème sous-estimé
Jusqu'à présent, l'impact des centrales nucléaires sur la faune marine était peu documenté. Cette étude met en lumière l'ampleur du phénomène et appelle à une meilleure prise en compte de la biodiversité dans la gestion des installations nucléaires.
Les associations environnementales réclament des actions urgentes pour limiter ces pertes massives. Elles soulignent que la protection des écosystèmes marins doit être une priorité, au même titre que la production d'énergie.
L'étude sera présentée prochainement aux autorités de régulation et aux exploitants des centrales. Elle devrait servir de base à des recommandations pour réduire l'impact écologique du nucléaire en France.



