Trump menace de frapper le site nucléaire iranien de Pickaxe Mountain
Trump menace de frapper le site iranien de Pickaxe Mountain

Donald Trump a relancé ses menaces contre l'Iran en ciblant un site stratégique. Le président américain a déclaré mardi 21 juillet que les États-Unis allaient frapper "très prochainement" la région de la "Montagne de la Pioche" (Pickaxe Mountain), située à proximité de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran. Une semaine plus tôt, le 13 juillet, il avait déjà menacé d'éliminer ce site, affirmant dans une interview au talk-show de Hugh Hewitt : "Nous allons détruire Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens de se tenir prêts." Il avait ajouté : "Nous allons probablement tenter une attaque sur Pickaxe prochainement."

Un site fortifié au cœur du programme nucléaire iranien

Kuh-e Kolang Gaz La, en persan, est une montagne fortifiée située à 220 km au sud de Téhéran et à seulement deux kilomètres du complexe nucléaire de Natanz. Le sommet culmine à environ 1 600 mètres d'altitude. Selon Reuters, ce site abrite deux complexes de tunnels profondément enfouis. Natanz, emblématique du programme nucléaire iranien, a été bombardé pendant la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février dernier, ainsi que pendant la guerre de 12 jours de l'année précédente. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que l'usine d'enrichissement à ciel ouvert avait été détruite, tandis que l'usine souterraine a probablement été gravement endommagée.

L'installation de tunnels en construction à Pickaxe Mountain n'a pas été visée par ces conflits, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), un groupe de réflexion américain spécialisé dans la non-prolifération nucléaire. Dans un article publié le 14 juillet, l'ISIS a analysé des images satellites du site datées du 9 juillet. Le complexe comporte deux paires d'entrées menant à une installation située à au moins 100 mètres de profondeur sous la montagne. Une différence d'altitude d'environ 50 mètres entre ces entrées pourrait indiquer plusieurs niveaux.

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Construction et objectifs du site

La construction de Pickaxe Mountain a débuté en 2020, après ce que les autorités iraniennes ont décrit comme une explosion due à un acte de sabotage sur le site de Natanz. L'Iran avait alors déclaré que ce sabotage avait ralenti le développement de centrifugeuses d'enrichissement d'uranium de pointe. En septembre 2020, Ali Akbar Salehi, alors chef du programme nucléaire iranien, a indiqué que l'Iran avait commencé à construire "un hall plus moderne, plus grand et plus complet dans toutes ses dimensions au cœur de la montagne près de Natanz" pour la fabrication de centrifugeuses avancées.

Selon l'ISIS, l'installation "n'est pas encore opérationnelle, mais la construction se poursuit". Il est "impossible de savoir, sur la seule base d'images satellites, quand elle pourrait l'être". L'institut estime également qu'il est "difficile de savoir si l'Iran prévoit toujours d'installer une usine d'assemblage à grande échelle, étant donné la destruction de son programme de centrifugeuses". Néanmoins, "si l'Iran entreprend de reconstruire ses capacités de fabrication de centrifugeuses, il pourrait envisager d'installer une usine d'assemblage de centrifugeuses plus petite à Pickaxe Mountain, capable de servir un programme d'armement nucléaire".

Un potentiel site d'enrichissement d'uranium

L'espace disponible sous la montagne "serait suffisamment vaste pour accueillir également une usine d'enrichissement d'uranium par centrifugation, capable de produire de l'uranium de qualité militaire", relève l'ISIS. Le Wall Street Journal, dans un éditorial, a estimé que "ce n'est pas une installation construite simplement pour y entreposer des centrifugeuses. C'est le site d'enrichissement dont rêve le régime iranien, l'endroit idéal pour une percée nucléaire et l'obtention d'uranium de qualité militaire."

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Selon le quotidien américain, les services de renseignement israéliens pensent que l'Iran a déplacé à l'automne dernier des milliers de centrifugeuses d'enrichissement d'uranium dans les tunnels de Pickaxe Mountain. Israël a transmis ces conclusions aux services de renseignement américains. David Albright, président de l'ISIS, a confirmé au Wall Street Journal qu'"il est plausible que l'Iran ait déplacé des centrifugeuses dans les tunnels" de ce site. Cependant, la présence de centrifugeuses ne signifie pas nécessairement que l'Iran y construit un site d'enrichissement. Après les bombardements de juin 2025, Téhéran a peut-être déplacé ses centrifugeuses restantes pour minimiser les risques de destruction.

Défenses et vulnérabilités

Le site est particulièrement sensible et protégé. Les Iraniens ont établi des mesures défensives physiques, notamment la construction en 2025 d'un double périmètre de sécurité (clôture et mur) avec une voie de patrouille autour de la montagne, jouxtant le périmètre de sécurité de Natanz, selon l'ISIS. Les entrées des tunnels ont été renforcées, ce qui complique "le ciblage avec des munitions pénétrantes comme les bombes anti-bunker", a expliqué Sam Lair, chercheur au Foreign Policy Research Institute, à Reuters. Les experts estiment que ce complexe profondément enfoui est hors de portée des bombes anti-bunker les plus puissantes de l'arsenal américain.

Cependant, une vulnérabilité persiste : si Téhéran a partiellement remblayé les deux entrées est des tunnels pour entraver l'accès aux véhicules terrestres, les deux entrées ouest restent ouvertes. L'ISIS souligne que cela les rend "vulnérables à des frappes de précision ou à une opération terrestre visant à pénétrer dans le complexe par ces tunnels". Le think tank préconise en cas d'offensive une "attaque ou un sabotage par les forces terrestres". Une attaque aérienne ciblant uniquement les entrées renforcées "ne feraient probablement qu'interdire temporairement l'accès à l'Iran".

L'Iran n'a accordé aucun accès au site à l'AIEA et ne lui a fourni aucune information sur ses activités ou projets. Le directeur général de l'agence, Rafael Grossi, a déclaré dans une interview à PBS Frontline en mars dernier que l'Iran avait précédemment annoncé son intention de "mener des activités nucléaires" à Pickaxe Mountain. "Cela s'inscrivait dans leur intention, tout à fait systématique, d'enfouir leurs installations les plus sensibles sous terre", a-t-il déploré.