Les autorités iraniennes ont annoncé ce dimanche que les préparatifs pour les funérailles du Guide suprême Ali Khamenei, décédé samedi à l'âge de 87 ans, battent leur plein à Téhéran. Selon un responsable du ministère de l'Intérieur, cité par l'agence de presse officielle IRNA, il s'agit du plus grand rassemblement de l'histoire de la ville, avec une affluence attendue de plusieurs millions de personnes.
Un dispositif logistique monumental
Des milliers de forces de sécurité et de volontaires ont été déployés dans la capitale pour encadrer l'événement. Des barrières métalliques ont été installées le long du parcours reliant la mosquée Mossala à l'université de Téhéran, où le corps de Khamenei sera exposé avant l'inhumation. Le porte-parole des gardiens de la révolution, le général Ramezan Sharif, a déclaré que « toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la sécurité et la dignité de cette cérémonie historique ».
Un deuil national de cinq jours
Le gouvernement iranien a décrété un deuil national de cinq jours. Les écoles, les universités et les administrations publiques seront fermées lundi et mardi. Selon l'agence Fars, le Guide suprême adjoint, l'ayatollah Ahmad Khatami, a appelé les Iraniens à participer massivement aux funérailles pour « montrer au monde l'unité du peuple iranien face à cette perte immense ».
Des figures internationales attendues
Plusieurs dirigeants étrangers ont confirmé leur présence, dont le président syrien Bachar al-Assad, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, et le président du Parlement irakien Mohammed al-Halbousi. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, une centaine de délégations étrangères sont attendues. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé ses condoléances dans un communiqué, saluant « le rôle de Khamenei dans la région ».
Un héritage controversé
Ali Khamenei, qui dirigeait l'Iran depuis 1989, laisse derrière lui un héritage complexe. Sous son règne, l'Iran a connu une répression sévère des opposants, une économie affaiblie par les sanctions, mais aussi une influence régionale accrue via les milices alliées. Selon Amnesty International, au moins 7 000 personnes ont été exécutées en Iran sous son autorité, un chiffre contesté par Téhéran.
La question de la succession
La succession de Khamenei reste incertaine. L'Assemblée des experts doit se réunir dans les prochains jours pour désigner un nouveau Guide suprême. Selon des analystes, plusieurs noms circulent, dont ceux du président Ebrahim Raïssi et du fils de Khamenei, Mojtaba. L'ayatollah Ali Sistani, grande autorité chiite en Irak, a appelé à une transition pacifique et à l'unité des chiites.



