Les États-Unis ont mené une 13e nuit consécutive de frappes en Iran, touchant Bouchehr, Chalamcheh et l'île de Qeshm, tandis que Donald Trump menace d'utiliser les avoirs iraniens gelés pour couvrir les coûts de réparation des navires endommagés dans le détroit d'Ormuz. Le baril de pétrole Brent a dépassé les 100 dollars jeudi 23 juillet, pour la première fois depuis mai, après la rupture de l'accord irano-américain de mi-juin.
Nouvelles frappes américaines et réactions iraniennes
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, marquant la 13e nuit consécutive de bombardements. Des médias d'État iraniens ont rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz. Des frappes ont également été signalées à deux reprises sur Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement du pays, et à Chalamcheh, près de la frontière irakienne, faisant deux morts.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié la menace américaine de "précédent incendiaire" sur X. Il a dénoncé une attitude "irrationnelle" des États-Unis, tandis que l'armée iranienne a juré de poursuivre ses "représailles" tant que les attaques américaines "perdureront".
Menace de Trump sur les avoirs iraniens gelés
Donald Trump a affirmé jeudi soir sur Truth Social que les fonds iraniens gelés aux États-Unis serviraient désormais à rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe. "À partir de maintenant, tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les États-Unis ont en leur possession et contrôlent", a déclaré le président américain, sans fournir de détails sur le mécanisme envisagé.
Cette menace intervient alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran, qui veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire le long de ses côtes. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir. En réaction, les États-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran, le Centcom précisant que ses forces ont "dérouté 12 navires commerciaux et en ont immobilisé un" au cours des neuf derniers jours.
Situation hors de contrôle et extension du conflit
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a alerté lors d'une réunion du Conseil de sécurité que la situation au Moyen-Orient est "hors de contrôle" et "au bord de l'inimaginable". Le Koweït a fait état d'attaques de missiles et de drones iraniens, et la Jordanie a signalé dix missiles et drones tirés vers le royaume en 24 heures, dont neuf interceptés.
En mer Rouge, les Houthis yéménites, soutenus par l'Iran, ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens. Une source officielle saoudienne a confirmé qu'un navire appartenant à une société saoudienne avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence SPA. Les rebelles avaient annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, menaçant de viser les navires tentant de se frayer un passage par le détroit de Bab el-Mandeb.
Impact sur les marchés pétroliers
Le baril de Brent est repassé au-dessus des 100 dollars jeudi, un niveau inédit depuis mai, après la flambée des cours due aux tensions. Vendredi, les cours refluaient légèrement en début d'échanges asiatiques, le Brent se maintenant autour de 100 dollars. La signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin avait temporairement apaisé les marchés, mais la reprise des hostilités le 7 juillet a inversé la tendance.
Donald Trump a menacé l'Iran et les Houthis d'une "punition militaire majeure", tandis que les frappes américaines se poursuivent. Les affrontements font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz étant verrouillé par l'Iran et les Houthis menaçant la navigation en mer Rouge.



