Les discussions entre les États-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter ce dimanche 21 juin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.
Des discussions à Lucerne
Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Ils se tiennent dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne. Des discussions « préparatoires » ont commencé samedi entre diplomates, selon Berne, et le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé la tenue de discussions « techniques » dimanche entre Iraniens et Américains.
Le vice-président américain, JD Vance, a atterri tôt dimanche matin sur la base aérienne d'Emmen, près de Lucerne, selon son porte-parole. La délégation iranienne est quant à elle arrivée samedi soir, selon le gouvernement helvétique. D'après la télévision d'État iranienne, elle comprend le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été décisive pour conclure l'accord du 17 juin, a également annoncé samedi soir qu'il était en route pour la Suisse.
Les discussions devraient durer « quelques jours », a affirmé JD Vance à la presse avant de quitter les États-Unis samedi soir, précisant qu'il ne pourrait rester en Suisse « qu'un jour ou deux ». « J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer », a-t-il déclaré.
Nouvelles frappes au Liban
Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts sans exception. Des frappes israéliennes ont encore fait plusieurs dizaines de morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une interruption constatée par un correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) à partir de la fin de la journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah dans le sud tout en continuant d'y opérer « de manière défensive ».
L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a prévenu samedi les États-Unis que le protocole serait « en danger » si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, allusion à la situation au Liban, où les affrontements continuent entre Israël et le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Le détroit d'Ormuz déjà refermé en représailles
Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que « le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime », une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi ». Il a menacé « d'autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations ». La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20 % des hydrocarbures mondiaux, provoquant un emballement des cours du pétrole.
Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi. Téhéran a également évoqué la possible mise en place de « frais » de service maritime pour les navires voulant y transiter. Et le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.



