Après l'annonce de la fin du cessez-le-feu par Donald Trump, les États-Unis ont frappé l'Iran dans la nuit du mercredi au jeudi 9 juillet, faisant trois morts et plusieurs blessés dans l'ouest du pays, selon l'agence de presse gouvernementale Irna. L'Iran dit avoir répliqué en attaquant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Des frappes américaines étendues
Les États-Unis ont de nouveau frappé l'Iran dans la nuit pour tenter de réduire le contrôle exercé par Téhéran sur le stratégique détroit d'Ormuz, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé jeudi avoir riposté en attaquant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn. Une frappe américaine dans l'ouest de l'Iran a également fait trois morts et plusieurs blessés, a annoncé l'agence de presse gouvernementale Irna ce jeudi, citant un responsable local.
Le détroit d'Ormuz au cœur des tensions
Téhéran revendique, malgré l'opposition de Washington, d'imposer des droits sur Ormuz, un passage maritime clé pour le commerce mondial des hydrocarbures, au cœur des tensions. Il menace les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes et a, selon l'armée américaine, frappé mardi au moins trois navires commerciaux qui y transitaient. Les nouvelles frappes américaines sont "une réponse aux bombardements de navires menés hier par l'Iran. Si ça se reproduit, ce sera bien pire !", a lancé le président Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
90 cibles militaires iraniennes visées
L'armée américaine a précisé sur X avoir frappé quelque 90 cibles militaires iraniennes, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière et des sites de stockage de missiles et de drones sur la côte sud de l'Iran. L'objectif : "dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz".
Explosions au Bahreïn et ailleurs
En Iran, des explosions ont été entendues dans les villes portuaires de Bandar Abbas (sud), Konarak (est) et Chabahar (est), d'après les médias d'État du pays. Un pompier est mort après une attaque contre l'aéroport d'Iranchahr (sud-est), dit la télévision d'État. À Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile d'Iran, une base militaire a été frappée selon un responsable local, de même qu'un pont ferroviaire dans le Golestan (nord), selon plusieurs médias.
Riposte des Gardiens de la Révolution
En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont de nouveau visé des pays du Golfe. Ils ont dit, dans un communiqué diffusé par la télévision d'État, avoir lancé des attaques de drones et de missiles contre les bases américaines d'Arifjan et d'Ali Al-Salem au Koweït, et de Juffair et Sheikh Isa au Bahreïn. Ils ont aussi menacé d'étendre leur riposte à d'autres bases dans la région si Washington frappait de nouveau. Au Koweït, l'armée a assuré avoir repoussé des attaques "hostiles" de missiles et de drones. À Bahreïn, où plusieurs explosions ont été entendues par un journaliste de l'AFP, les autorités ont déclenché à deux reprises les sirènes d'alerte aérienne. Par ailleurs au Qatar, les habitants ont reçu une brève alerte en raison d'une menace sécuritaire jugée élevée.
8 militaires iraniens tués selon la télévision d'État
Un protocole d'accord avait été signé entre les États-Unis et l'Iran le 17 juin, permettant la réouverture du détroit d'Ormuz par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial. Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs difficiles négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran. Mais mercredi, après de violents échanges de frappes, Donald Trump avait estimé que le cessez-le-feu ne tenait plus, assurant toutefois que les nouveaux affrontements prendraient fin "très rapidement". De retour du sommet de l'Otan en Turquie, il a affirmé mercredi soir que les Iraniens "ont appelé il y a peu, ils veulent tellement décrocher un accord", avant de mettre en doute la capacité des Iraniens à tenir leurs promesses. Aux tirs imputés à Téhéran contre trois navires commerciaux, Washington avait répondu par une première série de frappes dans la nuit de mardi à mercredi en Iran, selon l'armée américaine. Huit militaires iraniens ont été tués, selon la télévision d'État.



