Le Sénat a adopté, le 9 juillet 2026, le projet de loi relatif au logement, après l'avoir enrichi de plusieurs dispositions visant à adapter les habitations aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents. Le texte, porté par le ministre du Logement, a recueilli 231 voix pour et 98 contre.
Des mesures concrètes contre la chaleur
Parmi les ajouts majeurs, l'obligation pour les logements neufs d'être équipés d'une isolation thermique renforcée et de dispositifs de protection solaire. Les bâtiments existants devront, lors de travaux de rénovation, intégrer des solutions de rafraîchissement passif, comme des brise-soleil ou des puits canadiens. Selon le rapporteur du texte, ces mesures pourraient réduire de 30 % la consommation énergétique liée à la climatisation d'ici 2035.
Le Sénat a également introduit l'obligation de végétaliser au moins 30 % des toitures des immeubles de plus de 500 m² dans les zones urbaines denses. Cette disposition, défendue par la sénatrice écologiste Marie Dupont, vise à lutter contre les îlots de chaleur. « C'est une avancée majeure pour le confort estival et la biodiversité en ville », a-t-elle déclaré lors des débats.
Un volet social renforcé
Le projet de loi prévoit aussi un fonds d'aide de 200 millions d'euros pour les ménages modestes souhaitant réaliser des travaux d'adaptation à la chaleur. Ce fonds, abondé par l'État et les collectivités, devrait bénéficier à 50 000 foyers par an. Le texte renforce par ailleurs les sanctions contre les propriétaires bailleurs qui ne respectent pas les normes de décence thermique, avec des amendes pouvant atteindre 5 000 euros par logement.
L'opposition de droite a critiqué le coût des mesures pour les propriétaires, estimant qu'elles pourraient freiner la construction. « Imposer des normes toujours plus strictes sans contrepartie fiscale, c'est prendre le risque de bloquer le marché », a averti le sénateur LR Jean Martin. Le ministre du Logement a rétorqué que ces investissements seraient compensés par les économies d'énergie et la valorisation du patrimoine.
Prochaine étape : l'Assemblée nationale
Le texte doit désormais être examiné par l'Assemblée nationale à la rentrée. Le gouvernement espère une adoption définitive avant la fin de l'année. Selon un sondage Ifop réalisé en juin, 78 % des Français se déclarent favorables à des normes plus strictes pour protéger les logements de la chaleur.



