Lula dénonce la décision américaine de classer des gangs brésiliens comme terroristes
Lula critique le classement de gangs par les États-Unis

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a exprimé une vive indignation vendredi dernier après que les États-Unis ont classé le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) parmi les organisations terroristes. Lors d'un déplacement dans l'État de Sergipe, il a dénoncé une atteinte à la souveraineté du Brésil, déclarant : « Nous n'acceptons pas d'être traités comme des gamins, nous n'acceptons pas d'être traités comme si nous étions une république de pacotille. Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie. »

Un rejet catégorique de Brasilia

Le gouvernement brésilien rejette fermement cette qualification, estimant que ces groupes relèvent du crime organisé transnational et non du terrorisme. Le commissaire de la police fédérale Luciano Flores a rappelé que ces organisations « n'entrent pas dans le champ d'application de la loi » brésilienne sur le terrorisme et sont considérées comme des « organisations criminelles opérant à l'échelle internationale ». Brasilia craint que cette décision unilatérale ne compromette la lutte contre la criminalité et n'ait des conséquences économiques négatives.

Washington défend sa position

De son côté, Washington justifie sa décision. Dans un communiqué publié jeudi, le secrétaire d'État Marco Rubio a affirmé que le PCC et le CV « comptent parmi les organisations criminelles les plus violentes du Brésil », impliquées notamment dans le trafic de cocaïne et exerçant une forte influence dans plusieurs régions. Lula a réagi en déclarant : « Je suis très triste aujourd'hui car un certain Marco Rubio a dit que nos criminels sont des terroristes et que les Américains peuvent intervenir au Brésil. » Il a promis de les combattre, mais a souligné que « ce ne sont pas les terroristes que Trump recherche, Trump veut des types comme Oussama ben Laden. »

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La sécurité au cœur de la campagne présidentielle

Cette polémique intervient alors que la sécurité figure parmi les principaux thèmes de la campagne présidentielle d'octobre. Le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a indiqué avoir demandé à Donald Trump de désigner le PCC et le CV comme organisations terroristes. Sur Instagram, il a affirmé : « Pendant que Lula se mettait à genoux devant Trump pour faire du lobbying en faveur du CV et du PCC, moi je suis allé travailler à ce qu'ils soient traités comme des terroristes, ce qu'ils sont. » Lula l'a accusé en retour « de trahir notre patrie en se rendant aux États-Unis pour implorer une intervention américaine au Brésil. »

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