Dans un récit poignant publié par Libération, une habitante de Gaza, dont l'identité est protégée, livre un témoignage brut de son quotidien sous les bombardements israéliens. Elle écrit : « Je me demande si ce courage que les gens voient n'est pas simplement l'absence de tout autre choix. » Cette phrase résume la complexité de la survie dans l'enclave palestinienne, où chaque jour est une lutte pour la vie.
Un journal intime sous les bombes
Depuis le début de l'offensive israélienne en octobre 2023, la jeune femme tient un journal. Elle y décrit les nuits ponctuées par les frappes aériennes, la pénurie d'eau et de nourriture, et la peur constante de perdre un être cher. Selon elle, plus de 37 000 Palestiniens ont été tués selon le ministère de la Santé de Gaza, un chiffre qu'elle juge « probablement sous-estimé ».
La routine de l'horreur
Elle raconte comment les habitants se sont adaptés à l'inimaginable : « Nous avons appris à faire la différence entre le bruit d'un drone et celui d'un avion de chasse. » Chaque matin, elle compte les morts de la nuit. Le 15 juillet, elle note : « 23 corps extraits des décombres dans le nord de Gaza. Parmi eux, 6 enfants. »
Le courage comme seule option
Interrogée sur la résilience des Gazaouis, elle répond : « Les gens disent que nous sommes courageux. Mais que feriez-vous à notre place ? Nous n'avons nulle part où fuir. Les frontières sont fermées, la mer est bloquée. » Elle cite l'exemple de sa voisine, qui a perdu son mari et ses deux fils, mais continue de préparer du pain pour les orphelins du quartier. « Est-ce du courage ou simplement la nécessité de continuer à vivre ? », demande-t-elle.
L'impact psychologique sur les enfants
Un aspect particulièrement déchirant de son récit concerne les enfants. Elle décrit sa nièce de 7 ans, qui ne parle plus depuis que leur maison a été bombardée. « Elle regarde le ciel avec des yeux vides. Elle ne sourit plus. » Selon l'UNICEF, plus d'un million d'enfants à Gaza ont besoin d'un soutien psychosocial urgent.
Un appel à la communauté internationale
La journaliste conclut son témoignage par un appel : « Nous ne demandons pas la pitié. Nous demandons que le monde cesse de regarder ailleurs. » Elle rappelle que le cessez-le-feu négocié par l'ONU n'a jamais été pleinement respecté. « Chaque jour, nous espérons que quelqu'un, quelque part, décidera que notre vie vaut la peine d'être sauvée. »



