Un essai intitulé « Mélenchon, le nouveau Jean-Marie Le Pen » a provoqué une onde de choc dans le paysage politique français. Publié aux Éditions de l'Observatoire, l'ouvrage signé par le journaliste Pierre-Stéphane Fort établit un parallèle audacieux entre le leader de La France insoumise et le fondateur du Front national.
Des similitudes troublantes
L'auteur détaille six points de convergence : le discours antisystème, la rhétorique nationaliste, l'usage du référendum comme arme politique, le culte de la personnalité, la dénonciation des élites et une certaine forme de populisme. Selon Fort, « tous deux excellent dans l'art de retourner les stigmates en vertus ». Il cite notamment la phrase de Mélenchon : « Le peuple, c'est moi », qui rappelle le « Je suis le peuple » de Le Pen.
Réactions politiques
L'essai a suscité des réactions contrastées. Le député LFI Alexis Corbière a dénoncé une « comparaison scandaleuse et infondée ». De son côté, le RN a salué l'ouvrage, y voyant une « confirmation de la dérive autoritaire de Mélenchon ». Une source proche de l'Élysée a confié au Point que « ce livre tombe à pic pour discréditer l'union de la gauche ».
Un contexte électoral tendu
Cette polémique intervient à un an des élections législatives, où LFI espère capitaliser sur la dynamique de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Selon un sondage Ifop, 62 % des Français jugent Mélenchon « trop clivant », un chiffre qui grimpe à 74 % chez les sympathisants de droite.
Analyse des experts
Pour le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, « la comparaison est excessive sur le fond, mais pertinente sur la forme ». Il rappelle que Mélenchon a toujours rejeté l'étiquette d'extrême gauche, préférant celle de « populiste de gauche ». L'essai de Fort, bien que polémique, a le mérite de relancer le débat sur la nature du mélenchonisme.



