La sixième étape du Tour de France, disputée jeudi 9 juillet entre les cols pyrénéens et l'arrivée à Gavarnie-Gèdre, a été marquée par la colère de Remco Evenepoel à l'encontre de son propre équipier Florian Lipowitz. Le Belge, arrivé quatrième, n'a pas caché son exaspération : "Oui j'étais en colère et pour une bonne raison. Au Tour de Catalogne, j'ai roulé pour lui pendant trente kilomètres et là je lui demande de faire un kilomètre pour moi et ce n'est pas possible. Il faudra qu'on en discute ce soir."
Une colère à plusieurs niveaux
Evenepoel a également critiqué l'attitude de l'équipe Lidl-Trek, qui comptait deux coureurs dans son groupe (Juan Ayuso et Mattias Skjelmose). "Ils ne voulaient pas rouler. Qu'avaient-ils à perdre ? On aurait peut-être pu rattraper Jonas Vingegaard", a déploré le leader de Red Bull Bora. Le Slovène Tadej Pogacar a remporté l'étape en solitaire, établissant un nouveau record d'ascension du Tourmalet. Cette performance a relancé la bataille pour le maillot à pois, que convoitent notamment les Français Lenny Martinez et Valentin Paret-Peintre. "J'ai fait le maximum pour les points, j'avais vraiment envie de marquer beaucoup de points aujourd'hui, j'ai vite vu que ça allait être compliqué", a confié Paret-Peintre à l'arrivée.
Des abandons en cascade
La journée a été particulièrement rude pour le peloton, avec quatre abandons. Le Belge Cian Uijtdebroeks, leader de la Movistar, a jeté l'éponge en raison de maux d'estomac et de fièvre qui le handicapaient depuis le début du Tour. Le Norvégien Torstein Traeen, maillot jaune le matin même, a chuté lourdement dans la descente du Tourmalet et a été contraint à l'abandon dans la soirée, souffrant d'une commotion cérébrale et de fractures aux côtes, selon son équipe Uno-X. Les autres abandons sont le Belge Bert Van Lerberghe (Soudal Quick-Step) et le Néerlandais Arvid De Kleijn (Tudor). Le peloton compte désormais 177 coureurs sur les 184 partants à Barcelone.
Les espoirs français et mexicain
Lenny Martinez et Valentin Paret-Peintre ont tenté de rivaliser avec Pogacar dans les cols, mais le Slovène s'est envolé seul dans le Tourmalet. Martinez, qui peut viser une bonne place au général, reste prudent : "C'était sympa mais quand je vois une journée comme ça, il suffit une journée de moins bien…" De son côté, le Mexicain Isaac Del Toro, vainqueur de la deuxième étape à Barcelone, a de nouveau été décisif en plaçant Pogacar avant de prendre la troisième place de l'étape et du général. "C'est vraiment beau ce que l'on vit. Tout le monde est très heureux vraiment. Moi je me sens vraiment bien et je suis content d'être à ce niveau, c'est absolument incroyable", a-t-il déclaré.



