Dimanche, l'agence de presse iranienne Mehr a catégoriquement démenti les déclarations du président américain Donald Trump, qui affirmait que Téhéran avait demandé à Washington de renoncer à de nouvelles frappes contre l'Iran. Citant des responsables militaires, Mehr a qualifié ces affirmations de « nouveau mensonge », tout en assurant que les forces iraniennes sont en état d'alerte maximale et prêtes à toute éventualité.
Téhéran dément toute demande de trêve
Samedi, Donald Trump avait indiqué que les États-Unis et Israël avaient convenu de suspendre de nouvelles frappes prévues contre l'Iran, à la demande de Téhéran et d'autres pays de la région, à condition qu'un accord soit rapidement conclu. Selon lui, un tel accord devrait inclure l'ouverture « COMPLÈTE ET TOTALE DU DÉTROIT D'ORMUZ, ainsi qu'une fin de la menace nucléaire iranienne ».
Cette version des faits est fermement rejetée par les autorités iraniennes. L'agence Fars, citant une source proche de l'équipe de négociation nucléaire, a déclaré dimanche que « tant que les États-Unis maintiendront leurs actions hostiles, le détroit d'Ormuz restera fermé ». Cette position contraste avec l'optimisme affiché par la Maison-Blanche, qui espère un accord rapide sur ce dossier sensible.
Le détroit d'Ormuz, verrou stratégique
Le détroit d'Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, est l'un des points de passage les plus stratégiques au monde. En temps normal, environ 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures y transite, ce qui en fait une artère vitale pour l'économie mondiale. En le verrouillant, l'Iran a provoqué de fortes perturbations sur les marchés de l'énergie, avec des répercussions immédiates sur les prix du pétrole et du gaz.
La fermeture du détroit, effective depuis le début de la guerre, a également des conséquences humanitaires importantes. Les pays riverains du golfe, notamment les monarchies pétrolières, sont privés de leur principal débouché maritime. Dans ce contexte, les États-Unis ont instauré un blocus naval des ports iraniens, une mesure de rétorsion qui accentue encore l'isolement économique du pays. Ce verrouillage n'est pas une première : en 2019, déjà, Téhéran avait menacé de bloquer le passage après l'échec des négociations sur le nucléaire, mais sans aller jusqu'à le mettre à exécution.
Un conflit aux répercussions mondiales
La guerre au Moyen-Orient a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l'Iran. Depuis, le conflit a fait des milliers de morts dans la région, sans qu'aucun cessez-le-feu durable ne soit conclu. Les frappes ont notamment visé des sites nucléaires et militaires iraniens, tandis que Téhéran a riposté en fermant le détroit d'Ormuz et en lançant des attaques contre les intérêts américains et israéliens.
Le programme nucléaire iranien reste au cœur des tensions. Les États-Unis et Israël estiment qu'il constitue une menace existentielle, tandis que Téhéran affirme que ses activités sont exclusivement pacifiques. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations quant à l'avancée des enrichissements. Les déclarations contradictoires de Donald Trump et des agences iraniennes illustrent l'extrême volatilité de la situation. Alors que le président américain se dit prêt à suspendre les frappes en échange d'un accord, les responsables iraniens affirment n'avoir fait aucune demande en ce sens.
Dans ce climat d'incertitude, les observateurs internationaux redoutent une escalade supplémentaire. La communauté internationale appelle à la retenue, mais les positions semblent irréconciliables. Téhéran maintient que ses forces sont en état d'alerte maximale, tandis que Washington et Israël n'ont pas renoncé à l'option militaire. L'issue de cette crise dépendra probablement de la capacité des deux parties à trouver un compromis sur l'ouverture du détroit d'Ormuz et sur le programme nucléaire iranien.



