Le négociateur en chef de l'Iran a déclaré ce mardi que son pays administrera le détroit d'Ormuz à l'issue du conflit au Moyen-Orient, se félicitant des « belles réussites » obtenues par son pays dans les négociations en cours. Cette annonce intervient alors que les discussions sur l'avenir de la région se poursuivent.
Une prise de contrôle stratégique
Le détroit d'Ormuz, passage maritime vital par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est un enjeu central des négociations. Selon le négociateur iranien, cité par l'agence de presse officielle Irna, « à l'issue du conflit, l'Iran administrera le détroit d'Ormuz ». Il a ajouté que cette administration garantira la sécurité de la navigation dans la région.
Cette déclaration marque une position ferme de Téhéran, qui revendique un rôle prépondérant dans la gestion de cette voie d'eau stratégique. Le détroit d'Ormuz, large de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, est bordé par l'Iran au nord et par Oman et les Émirats arabes unis au sud.
Des négociations en coulisses
Les négociations, dont les détails restent confidentiels, impliquent plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Le négociateur iranien s'est félicité des « belles réussites » obtenues, sans préciser les termes exacts des accords. Il a toutefois souligné que l'Iran a su défendre ses intérêts nationaux tout en contribuant à la stabilité régionale.
Un diplomate occidental, sous couvert d'anonymat, a indiqué que « les discussions sont complexes mais avancent dans la bonne direction ». Il a ajouté que « la question du détroit d'Ormuz reste un point sensible ».
Impact sur le marché pétrolier
L'annonce a immédiatement eu des répercussions sur les marchés pétroliers. Le prix du baril de Brent a augmenté de 2,5 % dans les heures suivant la déclaration, les investisseurs redoutant des perturbations dans l'approvisionnement. Le détroit d'Ormuz est en effet un point de passage obligé pour le pétrole en provenance d'Arabie saoudite, d'Irak, du Koweït et des Émirats arabes unis.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, environ 17 millions de barils de pétrole transitent quotidiennement par ce détroit. Toute menace sur sa libre circulation pourrait entraîner une flambée des prix et une instabilité économique mondiale.
Réactions internationales
Les États-Unis ont réagi avec prudence. Un porte-parole du département d'État a déclaré que « la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz est une priorité pour la communauté internationale ». Il a appelé à « une solution négociée qui respecte le droit international ».
De son côté, l'Arabie saoudite a exprimé son inquiétude. Un responsable saoudien a affirmé que « Riyad ne peut accepter une mainmise iranienne sur cette voie d'eau cruciale pour l'économie mondiale ». Les Émirats arabes unis ont également fait part de leurs réserves.
Un précédent historique
L'Iran a déjà menacé de fermer le détroit d'Ormuz par le passé, notamment en 2018 lors des tensions avec les États-Unis. En 2019, des attaques contre des pétroliers dans la région avaient fait craindre une escalade. Cette fois, l'administration du détroit par l'Iran serait une première.
Le négociateur iranien a conclu en affirmant que « l'Iran est prêt à coopérer avec tous les pays pour assurer la sécurité du détroit », tout en réitérant que « la souveraineté de l'Iran sur cette zone est non négociable ».



