Violences des gangs en Haïti : un bilan humain lourd
La violence des gangs continue de s’intensifier en Haïti. Jeudi, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) a annoncé qu’au moins 78 personnes avaient été tuées et 66 blessées depuis le 9 mai dans les communes de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets, dans la banlieue de Port-au-Prince.
Selon le Binuh, les combats opposent plusieurs groupes armés dans ces secteurs déjà touchés par des épisodes similaires en mars et en avril. Parmi les victimes recensées figurent « des membres de la population (5 hommes, 4 femmes et une jeune fille) », tandis que les autres morts sont liés aux gangs impliqués dans les affrontements.
Des milliers de déplacés et un système de santé sous pression
La reprise des violences a également provoqué le déplacement d’environ 5 300 habitants ayant fui les échanges de tirs. Le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a indiqué jeudi que plusieurs familles restaient encore bloquées dans les quartiers affectés, d’après des organisations humanitaires locales.
Les conséquences touchent également le système de santé. Un centre hospitalier ainsi qu’un hôpital de Médecins sans frontières ont suspendu leurs activités et évacué leur personnel. Avant cette évacuation, l’organisation avait pris en charge 40 blessés par balle en moins de douze heures.
Un bilan aggravé depuis mars
Le Binuh a par ailleurs précisé qu’« au total, entre le 5 mars et le 11 mai 2026, au moins 305 personnes ont été tuées, et 277 blessées, dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets ». L’ONU ajoute que 63 des victimes étaient des résidents, « dont 17 femmes et 13 enfants ».
Une nouvelle force multinationale en déploiement
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, une nouvelle force multinationale destinée à lutter contre les gangs est en cours de déploiement pour succéder à la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne, jugée insuffisamment équipée et financée. À ce stade, seuls 400 soldats tchadiens sont arrivés à Port-au-Prince, tandis que la force a annoncé jeudi la prise de fonctions de son commandant, le général mongol Erdenebat Batsuuri.



