Dans le sud de l'Iran, une guerre loin de Téhéran mais omniprésente
Guerre dans le sud iranien : loin de Téhéran mais omniprésente

Alors que l'attention internationale est focalisée sur les tensions au Proche-Orient, une guerre oubliée fait rage dans le sud de l'Iran. Depuis janvier 2026, les provinces du Sistan-et-Baloutchistan et du Hormozgan sont le théâtre d'affrontements meurtriers entre l'armée iranienne et des groupes armés séparatistes. Selon un rapport de l'ONG International Crisis Group publié en juillet 2026, les combats ont fait plus de 1 200 morts civils et déplacé près de 80 000 personnes.

Une guerre hybride aux multiples facettes

Le conflit, que Téhéran qualifie de « guerre hybride imposée par des puissances étrangères », implique une constellation de groupes armés, dont le Jaish al-Adl et le Front de libération du Baloutchistan. Ces groupes, actifs depuis des décennies, ont intensifié leurs attaques en 2025, profitant de l'instabilité régionale. Les Gardiens de la révolution iraniens ont été déployés en force dans la région, mais peinent à contenir la guérilla.

« Ces régions sont le théâtre d'une guerre hybride imposée par des puissances étrangères », a déclaré le général Hossein Salami, commandant des Gardiens de la révolution, lors d'une conférence de presse à Téhéran le 15 juillet. Il a accusé les États-Unis et Israël de soutenir les séparatistes, sans fournir de preuves tangibles.

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Conséquences humanitaires désastreuses

La population civile paie le prix fort. Les villages du Sistan-et-Baloutchistan, l'une des régions les plus pauvres d'Iran, subissent des bombardements et des coupures d'électricité récurrentes. Les hôpitaux locaux, déjà sous-équipés, sont débordés. Selon le Croissant-Rouge iranien, plus de 200 000 personnes ont besoin d'aide humanitaire d'urgence.

La route reliant Zahedan à Tchabahar, axe vital pour le commerce, est régulièrement coupée par les combats. Le port stratégique de Tchabahar, pourtant crucial pour contourner les sanctions internationales, voit son activité réduite de moitié. Les prix des denrées de base ont bondi de 40 % dans les zones touchées.

Impacts géopolitiques et régionaux

Ce conflit interne affaiblit la position de l'Iran sur la scène régionale. Alors que Téhéran cherche à consolider son influence au Moyen-Orient, cette guerre dans son propre territoire constitue un talon d'Achille. Le Pakistan voisin, où vivent de nombreux Baloutches, observe la situation avec inquiétude, craignant des débordements.

Les Gardiens de la révolution, pourtant rompus aux guerres par procuration au Yémen ou en Syrie, peinent à adapter leur stratégie à un conflit de basse intensité sur leur propre sol. Le gouvernement iranien a débloqué 500 millions de dollars pour la reconstruction, mais les experts estiment que le coût total pourrait dépasser 5 milliards de dollars.

Une guerre loin des regards

Malgré l'ampleur des violences, ce conflit reste largement ignoré des médias internationaux. L'accès des journalistes est sévèrement restreint par Téhéran, qui craint une couverture défavorable. Les ONG locales, comme le Centre des droits de l'homme en Iran, dénoncent des exécutions sommaires et des arrestations arbitraires par les forces de sécurité.

« Les habitants vivent dans la peur constante, pris entre les feux des séparatistes et la répression de l'État », a confié un habitant de Khash à une agence de presse sous couvert d'anonymat. Plus de 300 écoles ont été fermées, privant des milliers d'enfants d'éducation.

Alors que les négociations nucléaires avec les puissances mondiales piétinent, Téhéran semble vouloir étouffer ce conflit interne. Mais les cicatrices du Sistan-et-Baloutchistan risquent de s'aggraver si aucune solution politique n'est trouvée.

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