Guerre au Moyen-Orient : le témoignage du PDG gardois Vincent Bastide
Guerre au Moyen-Orient : le récit de Vincent Bastide

Parti à Dubaï fin février pour assister au tournoi de tennis ATP 500 dans le cadre de la prochaine édition du Bastide UTS Nîmes, le PDG de Bastide Médical Vincent Bastide a vu éclater la guerre en Iran et les conséquences pour les pays voisins. Il témoigne de son retour mouvementé.

Un conflit qui bascule en quelques heures

Vous venez de rentrer de Dubaï dans le contexte international très complexe avec le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Comment avez-vous vécu cette situation ?

Je suis parti fin février à Dubaï afin d’observer un certain nombre de joueurs qui ont confirmé leur venue pour la deuxième édition de l’UTS Bastide Nîmes et qui participaient à l’ATP 500 de Dubaï. Soudainement, je découvre, par l’intermédiaire de mon collaborateur Nicolas Balmelle, que Donald Trump lance son offensive militaire sur l’Iran. Mais à ce moment-là, je ne mesurais pas forcément que les mesures de représailles de l’Iran pourraient porter sur les pays des Émirats arabes unis. Pour moi, en général, dans un conflit militaire, les mesures de représailles s’exercent plus sur l’opposant que sur, entre guillemets, son environnement voisin. J’avais donc encore l’espoir et la naïveté de me dire qu’avant que les Émirats arabes unis ne soient impactés, il y aurait quelques jours potentiels de latence… En fait, je me rends compte que ça se joue en heures. Donc je passe en quelques heures d’une situation où, globalement, je pense que la situation peut basculer à une situation où on est directement dans le cœur de l’événement avec des frappes aériennes, des drones qui frappent leurs cibles dans la capitale. Et une situation où il faut réfléchir en urgence à s’exfiltrer d’une zone qui est potentiellement à haut risque.

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Un rapatriement organisé dans l’urgence

Comment s’est donc organisé votre rapatriement ?

Heureusement, j’avais, dans le cadre de ce déplacement, pris une agence pour organiser ce trajet. Elle a fait preuve d’une diligence exceptionnelle en étant joignable H24 pour proposer des solutions de billets de retour sur des aéroports annexes, tels qu’évidemment Mascate, dans le Sultanat d’Oman, pour me permettre de prendre un vol régulier par Oman Air, rejoindre Istanbul, et d’Istanbul arriver ensuite à Marseille dans un délai qui ne m’a occasionné finalement 48 heures de retard par rapport à ma date de retour initiale. Un délai très rapide quand je regarde l’ampleur de la situation sur la zone concernée.

La situation n’a pour autant pas dû être très sereine à vivre durant ce laps de temps sur place.

Tout a basculé le samedi, oui. Évidemment, on ne s’attend pas forcément à se retrouver au cœur d’une zone de guerre, où on ne sait pas trop, finalement, comment ça va tourner. C’est plutôt ça qui est extrêmement angoissant. J’ai dû me rapatrier dans un campement dans le désert, en dehors des zones de frappe. Et effectivement, à partir de ce campement, organiser mon retour en passant par le Sultanat d’Oman et en rejoignant l’aéroport de Mascate pour pouvoir ensuite sortir de la zone de conflit et aller au plus vite vers Istanbul. C’était une zone qui était proche du lancement des frappes aériennes de défense des Émirats. Et le lancement des missiles Patriot à raison de je ne sais combien de fois par heure, jour et nuit, laisse un souvenir qui est bien marqué dans mon esprit… Puis on apprend qu’Oman a aussi été visé par des frappes, visiblement de façon inintentionnelle de la part de l’Iran. Mais ce qui laissait entendre que même à Oman, la sécurité n’était pas assurée et que les choses pouvaient peut-être aussi basculer.

Un sentiment d’impuissance et de vulnérabilité

Tout devenait hors de contrôle pour vous en somme.

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On a l’impression qu’on est un peu dans l’irrationnel. Je suis plutôt de nature à tout contrôler en effet. Et là, j’avoue que le fait de me retrouver dans une situation hors de contrôle, ça a été une période qui a été un peu déstabilisante et assez inédite dans ma vie. Parce que je ne pensais pas un jour me retrouver directement au cœur d’une zone de guerre. J’ai vécu d’autres épreuves dernièrement qui étaient peu agréables mais celle-ci a été nouvelle et j’avoue que ça fait une concomitance d’événements qui n’est pas forcément des plus simples à vivre.

Vous évoquez là à demi-mot la violente agression dont vous avez été victime en novembre dernier…

Oui, et il y a eu des avancées de ce côté selon ce que j’ai pu en lire dans la presse. Avancées dont je ne maîtrise pas évidemment l’aboutissement, mais ça montre que l’enquête a l’air de se dérouler avec une certaine efficacité. Donc me retrouver plongé dans ce nouvel épisode, je m’en serais largement dispensé. Habituellement, j’ai plutôt une nature assez discrète. Ça fait beaucoup en peu de temps.