La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, effectue son premier déplacement hors des Caraïbes pour défendre les revendications territoriales de son pays devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans le cadre du différend sur l'Essequibo, une région riche en pétrole administrée par le Guyana. Elle a annoncé samedi son départ pour La Haye, aux Pays-Bas, où elle plaidera la cause vénézuélienne.
Un voyage sous protection juridique
« Je vais partir dans les prochaines heures pour défendre notre patrie », a déclaré Delcy Rodriguez, qui jusqu'ici ne s'était rendue qu'à Grenade et à la Barbade. Les personnes se rendant à la CIJ bénéficient d'une protection juridique spéciale. Delcy Rodriguez faisait partie des personnes sanctionnées par l'administration américaine, mais Washington a levé les sanctions contre elle début avril, après la capture de Nicolas Maduro en janvier par l'armée américaine.
Un contentieux territorial persistant
L'Essequibo, territoire de 160 000 km² riche en pétrole, est administré par le Guyana depuis plus d'un siècle mais reste au cœur d'un différend avec le Venezuela, les deux pays s'opposant sur le tracé de leur frontière commune. Le gouvernement de Nicolas Maduro avait relancé des revendications territoriales à partir de 2019 sur l'Essequibo. En 2023, il a organisé un référendum sur la création d'un nouvel État faisant partie du Venezuela, puis il a choisi en 2025 un gouverneur pour cette zone, sur laquelle Caracas n'exerce aucun pouvoir.
Position du Guyana et du Venezuela
Le président du Guyana a déclaré début février que le renversement de Nicolas Maduro « n'élimine ni ne réduit » ce qu'il considère comme une menace de Caracas. Georgetown fait valoir que le tracé de sa frontière, datant de l'époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 par une Cour d'arbitrage à Paris et souhaite que la CIJ ratifie celui-ci. Le Venezuela assure pour sa part qu'un accord signé en 1966 avec les Britanniques à Genève – avant l'indépendance du Guyana – jette les bases d'un règlement négocié hors de la CIJ et soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de la colonisation espagnole.
Lors de ses deux visites officielles à l'étranger, Delcy Rodriguez avait arboré une broche dorée représentant le Venezuela avec l'Essequibo, générant la colère de Georgetown. Ce déplacement à La Haye marque une nouvelle étape dans la défense des intérêts vénézuéliens sur la scène internationale.



