Le monde face à un défi énergétique et économique majeur
Le monde fait face à « un défi majeur sur le plan énergétique et économique », a affirmé jeudi le patron de l'Agence internationale de l'Energie, Fatih Birol, alors que la guerre au Moyen-Orient a bouleversé les circuits énergétiques classiques et affecté l'économie mondiale. « Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire. Et ce qui se passe actuellement montre que, malheureusement, nous avions raison. Les marchés du pétrole et du gaz vont connaître de graves difficultés », a déclaré le dirigeant lors d'une conférence à Paris consacrée notamment aux énergies renouvelables.
Les prix du pétrole s'envolent, les marchés sous pression
Les prix du pétrole poursuivent leur course ce jeudi face à la perspective d'un conflit se prolongeant au Moyen-Orient, dont les conséquences se font déjà sentir dans les décisions des banques centrales et les poussées inflationnistes. « En l'absence de tout signe de négociations de paix et avec des craintes croissantes d'escalade », les prix du pétrole continuent de grimper, souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. Le Brent, référence mondiale du brut, a dépassé jeudi les 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe avait provoqué une flambée des cours. Depuis le début de l'année, le prix du Brent a donc doublé.
L'envolée des cours : un impact mondial
Cette flambée des prix du pétrole a des répercussions sur l'ensemble de l'économie mondiale. Les banques centrales doivent composer avec des pressions inflationnistes accrues, tandis que les consommateurs subissent la hausse des prix à la pompe. Les marchés financiers sont également sous tension, les investisseurs redoutant une prolongation du conflit et ses conséquences sur l'approvisionnement énergétique.
Le blocus américain : une stratégie controversée
Le blocus naval américain des ports iraniens, qualifié de « hautement efficace » par l'amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, suscite de vives réactions. Au total, 42 bateaux ont été interceptés et 41 tankers ne peuvent pas quitter l'Iran. Le président iranien a affirmé jeudi que ce blocus était « voué à l'échec » et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe. Selon lui, ces mesures « non seulement ne permettent pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituent une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe ».
Une prolongation du blocus annoncée
Un haut responsable de la Maison Blanche a évoqué une prolongation de ce blocus « pendant plusieurs mois », ce qui a contribué à la flambée des prix du pétrole. Les marchés redoutent une perturbation prolongée du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport du pétrole.
Les États-Unis envisagent de nouvelles frappes en Iran
Selon le média Axios, Donald Trump doit être briefé jeudi sur de possibles nouvelles opérations militaires contre l'Iran. Les options présentées par Brad Cooper comprennent une vague de frappes visant des infrastructures, ainsi que la possibilité d'une prise de contrôle du détroit d'Ormuz, éventuellement avec une participation de forces au sol. Ces informations, bien que non confirmées officiellement, accentuent les tensions et l'incertitude sur les marchés.
Le coût de la guerre pour les États-Unis : 25 milliards de dollars
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a été confronté mercredi à sa première audition parlementaire depuis le début du conflit en Iran. Interrogé sur le coût de la guerre pour les États-Unis, il a affirmé que le Pentagone l'évaluait à 25 milliards de dollars, les principales dépenses concernant des munitions. Critiqué sur ces milliards investis, le ministre a lancé : « Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire ? »
Tensions diplomatiques : Trump et l'Allemagne, Poutine met en garde
Donald Trump a déclaré mercredi qu'il envisageait une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, après des échanges tendus avec le chancelier allemand Friedrich Merz à propos de la guerre en Iran. « Une décision sera prise très prochainement », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, après que Merz a asséné que « les Américains n'avaient visiblement aucune stratégie » en Iran. En réaction, Trump avait accusé mardi Merz de « ne pas savoir de quoi il parlait ».
Par ailleurs, lors d'un entretien téléphonique mercredi, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les « conséquences inévitables et extrêmement dommageables non seulement pour l'Iran et ses voisins, mais aussi pour l'ensemble de la communauté internationale » qu'aurait une nouvelle action militaire des États-Unis et d'Israël contre l'Iran.
Le plus grand porte-avions américain quitte le Moyen-Orient
L'USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, quittera la zone dans les prochains jours pour retourner aux États-Unis, après plus de 300 jours de déploiement. Son départ représente une perte importante de puissance de feu, alors que les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran sont au point mort. Selon le Washington Post, cette campagne a mis le navire à rude épreuve et nécessite d'importantes réparations. Les deux autres porte-avions américains, l'USS George H.W. Bush et l'USS Abraham Lincoln, restent sur place.



