Comment va la société russe après quatre ans de guerre ?
D'ordinaire, le défilé du 9 Mai, célébrant la victoire soviétique contre l'Allemagne, représente le jour de gloire patriotique de Vladimir Poutine. Mais cette année, inflation et fatigue de la guerre font dégringoler sa cote de popularité. Au point de mettre le Kremlin sous pression.
De semaine en semaine, le taux d'approbation de la politique du Kremlin ne cesse de chuter. Une vidéo publiée le 13 avril par l'influenceuse Viktoria Bonya, exilée à Monaco, a déclenché une tempête médiatique. Elle y dénonce les coupures d'Internet, les marées noires sur les côtes de la mer Noire, les inondations dans le Caucase, et s'adresse directement à Vladimir Poutine : « On vous ment. Vladimir Vladimirovitch, on a peur de vous ! Le peuple a peur de vous. Et pourtant, vous êtes notre président. »
La vidéo a cumulé des dizaines de millions de vues, signe que ses propos ont touché juste. Elle s'est immédiatement attiré les foudres des propagandistes, mais d'autres personnalités l'ont soutenue, contraignant le Kremlin à réagir. Moscou a assuré que le président est informé et prend en compte tous ces problèmes, mais le mal était fait.
La société russe est marquée par une atmosphère de délation et de contrôle accru. Les coupures d'Internet visent à limiter l'accès à l'information indépendante, tandis que l'inflation et les pertes humaines alimentent un mécontentement latent. La popularité de Poutine, autrefois élevée, s'effrite, et le Kremlin cherche à contenir les critiques tout en maintenant le récit patriotique de la guerre.
Alors que le conflit s'enlise, la question de la durabilité du soutien populaire se pose. Les autorités russes redoublent d'efforts pour contrôler le discours, mais les fissures apparaissent, comme en témoigne la vidéo virale de Bonya. La suite dépendra de l'évolution de la situation économique et militaire, et de la capacité du régime à gérer les frustrations croissantes.



