Le conflit au Moyen-Orient commence à peser lourdement sur les finances publiques françaises. Le gouvernement a confirmé, jeudi, de nouvelles mesures d'économies budgétaires afin de compenser les conséquences financières de la guerre. Le ministère de l'Action et des Comptes publics prévoit de geler 3,2 milliards d'euros de crédits de l'État et d'annuler 847 millions d'euros supplémentaires dans le budget 2026.
Des économies déjà engagées
Ces décisions viennent s'ajouter aux 2,2 milliards d'euros déjà obtenus grâce au gel des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires, annoncé la semaine dernière. À la mi-avril, l'exécutif avait déjà évoqué la possibilité de réaliser jusqu'à 6 milliards d'euros d'économies à travers des gels de crédits et des « annulations ciblées ».
Un premier « décret d'avance »
Dans le détail, Bercy a préparé un premier « décret d'avance » prévoyant 407 millions d'euros d'annulations de crédits. Cette somme doit notamment financer les aides destinées aux gros rouleurs pour 320 millions d'euros, ainsi que l'extension du chèque énergie à 700 000 bénéficiaires supplémentaires pour 87 millions d'euros. Un second décret prévoit par ailleurs l'annulation de 440 millions d'euros supplémentaires.
Le ministère a précisé que ces 847 millions d'euros annulés « portent quasi exclusivement sur la réserve de précaution et n'avaient pas vocation à être dépensés automatiquement ». Les textes détaillant ces annulations « mission par mission, programme par programme » ont été transmis jeudi soir aux commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat pour avis. « Elles ont sept jours pour se prononcer, donc jusqu'à jeudi prochain », a ajouté le cabinet du ministre David Amiel.
Armée et justice épargnées
Les ministères des Armées et de la Justice ne sont pas concernés par ces annulations de crédits. En revanche, les gels budgétaires touchent l'ensemble des autres ministères, à l'exception des Outre-Mer, déjà concernés par un gel anticipé en mars dernier.
Bercy a également insisté sur le caractère provisoire de ces gels budgétaires. « On rend temporairement indisponibles ces crédits pour les ministères. Ils ne peuvent plus les utiliser. Mais il y a la capacité en cours d'année, en fonction de l'évolution de la situation, de les dégeler », a expliqué le ministère. Un nouveau comité d'alerte sur les finances publiques doit se tenir « fin juin » afin d'évaluer de nouveau « l'impact de la crise sur les finances publiques et les efforts de gestion nécessaires suivant l'évolution du conflit ».



