Camouflet pour Donald Trump à la Chambre des représentants
La Chambre des représentants américaine a infligé un vif camouflet au président Donald Trump en votant, mercredi 3 juin 2026, une résolution ordonnant le retrait des troupes américaines engagées dans la guerre contre l'Iran depuis le 28 février. Bien que non contraignante en raison du droit de veto présidentiel, cette décision témoigne de l'effritement de la confiance envers le locataire de la Maison-Blanche. Les élus démocrates de la commission des affaires étrangères ont salué « un message fort et sans équivoque à l'adresse de Donald Trump de la part des Américains », ajoutant qu'« il est temps de mettre fin à cette guerre illégale et profondément impopulaire ».
La résolution a été adoptée avec le soutien de quatre élus républicains, confirmant le mécontentement suscité par un conflit qui a fait grimper les prix de l'énergie. Une résolution similaire a déjà passé une étape clé au Sénat fin mai, et une adoption à la chambre haute pourrait intervenir dès cette semaine.
Les négociations avec l'Iran: optimisme de Trump malgré les tensions
De son côté, Donald Trump a jugé possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe. « On me dit que les négociations se passent très bien… Qui sait… cela pourrait être ce week-end », a-t-il déclaré dans le Bureau ovale, sans exclure un échec. Pressé de trouver une porte de sortie, Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois un accord proche, sans résultat tangible. Les négociations semblent stagner, notamment sur le sort de l'uranium enrichi iranien, que les États-Unis et Israël accusent de servir un programme nucléaire militaire, ce que Téhéran réfute. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a assuré que la question était « clairement abordée », mais a concédé que l'Iran n'avait pas donné son feu vert.
Un autre point d'achoppement est la volonté de Trump de « séparer » les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran les considère comme un seul et même sujet.
Cessez-le-feu entre Israël et le Liban sous condition
Dans la soirée de mercredi, Israël et le Liban se sont mis d'accord sur « la mise en œuvre d'un cessez-le-feu » et la création de « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise, jusqu'ici tenue à l'écart. Cette trêve est conditionnée à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et a encore revendiqué des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei doit s'exprimer ce jeudi, alors que Téhéran a averti du risque de « reprise à grande échelle de la guerre » en cas d'attaque contre Beyrouth. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu'« aucun progrès tangible n'a été réalisé » dans les négociations.
Nouveaux affrontements dans le Golfe
Les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures. Ces attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars. Le Koweït a accusé l'Iran d'une attaque meurtrière (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, une première depuis le cessez-le-feu. Les Gardiens de la Révolution ont démenti avoir visé l'aéroport, affirmant avoir ciblé une base aérienne au Koweït et le siège de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn en riposte à des attaques américaines. Le Koweït a déclaré avoir été visé par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.



