Le bilan des décès de migrants en 2025 : une légère diminution qui cache une crise durable
Le nombre de migrants morts ou portés disparus sur les routes migratoires mondiales a enregistré une légère baisse en 2025, selon un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) publié mardi. Environ 7 900 personnes ont perdu la vie ou ont été déclarées disparues l'an dernier, un chiffre inférieur au record de 9 200 atteint en 2024.
Une tendance à la baisse partiellement expliquée
L'OIM, basée à Genève, indique que cette diminution est liée en partie à une réduction réelle du nombre de personnes tentant d'emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses, particulièrement sur le continent américain. Cependant, l'organisation met en garde contre une interprétation trop optimiste de ces chiffres.
« Les près de 8 000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l'aggravation d'un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », a déclaré l'OIM dans son rapport annuel.
Un contexte humanitaire toujours alarmant
Malgré la baisse statistique, la crise humanitaire reste majeure. Depuis le début de l'année 2025, l'OIM a déjà recensé 1 723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires. L'organisation souligne que la diminution des chiffres s'explique aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès sur les principaux axes de migration.
Cette réduction des capacités de monitoring pourrait masquer une réalité plus sombre, avec de nombreux cas non recensés.
Un bilan cumulé qui dépasse les 80 000 victimes
Le rapport révèle un chiffre particulièrement accablant : plus de 80 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus depuis que l'OIM a commencé à recueillir ces données en 2014. Cette accumulation tragique sur plus d'une décennie illustre l'ampleur persistante du phénomène.
Les routes migratoires restent extrêmement périlleuses, et les efforts internationaux pour sécuriser ces parcours et offrir des alternatives légales semblent insuffisants face à l'urgence humanitaire.



