Mayotte : Lecornu conditionne l'aide aux Comores à la lutte migratoire
Lecornu conditionne l'aide aux Comores à la lutte migratoire

Le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, a annoncé ce mercredi 26 août 2026 que l'aide au développement accordée à l'Union des Comores serait désormais conditionnée à une meilleure collaboration dans la lutte contre l'immigration clandestine vers Mayotte. Cette décision, révélée lors d'une visite à Mamoudzou, marque un tournant dans la politique française vis-à-vis de l'archipel comorien.

Une annonce faite lors d'une visite à Mayotte

Lors d'une conférence de presse tenue à la préfecture de Mayotte, Sébastien Lecornu a déclaré : « Nous allons conditionner l'aide au développement à une coopération effective en matière de lutte contre l'immigration clandestine. » Il a précisé que cette mesure concernait l'ensemble des programmes d'aide bilatérale, sans toutefois en chiffrer le montant exact.

Le ministre a également évoqué la mise en place d'un mécanisme de suivi semestriel des efforts comoriens, incluant des indicateurs précis sur le nombre de reconduites à la frontière et la coopération policière. Selon lui, cette approche vise à « responsabiliser » les autorités comoriennes, qui n'ont, à ses yeux, pas suffisamment agi pour endiguer les départs de pirogues vers Mayotte.

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Un contexte de tension migratoire

Mayotte, département français de l'océan Indien, fait face à une pression migratoire constante en provenance des Comores, situées à moins de 70 kilomètres. En 2025, les forces de l'ordre ont intercepté plus de 18 000 personnes en situation irrégulière, selon les chiffres de la préfecture. Cette situation pèse lourdement sur les services publics locaux, notamment les hôpitaux et les écoles, et alimente un sentiment d'insécurité parmi la population mahoraise.

Les Comores, qui revendiquent la souveraineté sur Mayotte, ont toujours contesté la politique migratoire française. Le gouvernement comorien n'a pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais des sources diplomatiques à Moroni indiquent que cette conditionnalité pourrait être perçue comme une « ingérence » dans les affaires intérieures comoriennes.

Une aide au développement en jeu

La France est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'Union des Comores, avec une aide annuelle estimée à 150 millions d'euros, selon le ministère des outre-mer. Cette enveloppe finance notamment des projets d'infrastructures, d'éducation et de santé dans l'archipel. En conditionnant cette aide, Paris espère obtenir des avancées concrètes dans la lutte contre les filières d'immigration clandestine.

Cette décision s'inscrit dans le prolongement des annonces faites par le gouvernement en début d'année, qui avait déjà renforcé les moyens de la police aux frontières à Mayotte. Sébastien Lecornu a également indiqué que des discussions bilatérales seraient engagées avec les autorités comoriennes dans les prochaines semaines pour définir les modalités de ce nouveau partenariat conditionnel.

Les associations de défense des migrants ont exprimé leur inquiétude, craignant que cette mesure ne pénalise les populations les plus vulnérables des Comores. De leur côté, les élus mahorais ont salué une décision « attendue depuis longtemps », tout en demandant des actions plus fermes contre les réseaux de passeurs.

En attendant, la préfecture de Mayotte a annoncé une intensification des opérations de contrôle dans le lagon, avec le déploiement de moyens navals supplémentaires. Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer l'impact réel de cette conditionnalité sur la coopération franco-comorienne et sur la réduction des flux migratoires.

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