Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a affirmé lundi que le Maroc n’était « d’aucune manière » responsable de l’afflux soudain de migrants à Ceuta il y a un mois. Sur la radio Cadena Ser, il a déclaré que les services de renseignement avec lesquels l’Espagne collabore habituellement ne font apparaître « aucun doute » quant à une participation des autorités marocaines.
Une crise migratoire sans précédent à Ceuta
Environ 70 000 migrants ont traversé, à pied ou à la nage, la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord. Si la majorité sont repartis dans la foulée, quelque 5 000 personnes sont encore présentes, dont environ 1 200 mineurs non accompagnés, selon Pedro Sánchez. Les autorités locales évoquent de leur côté 10 000 migrants toujours présents.
Officiellement, au moins 91 personnes sont mortes dans cette traversée, dont 80 en Espagne et 11 côté marocain. Des ONG marocaines avancent toutefois un bilan plus lourd : des dizaines de disparus et au moins 141 morts.
Rumeurs, ingérence et désinformation en cause
« Nous continuons à enquêter » sur ce qu’il s’est passé, a déclaré Pedro Sánchez. « Ce que nous savons à ce jour, c’est qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet dernier a été déformé, qu’il a été propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains », a-t-il poursuivi.
Certaines informations assuraient qu’en cas d’entrée à la nage à Ceuta, il était impossible d’être expulsé vers le Maroc, ce qui est faux, a rappelé le dirigeant socialiste. « Après les 30 et 31 juillet, il y a eu une diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne, mais aussi pour attaquer l’Europe et la diviser », a ajouté le chef du gouvernement.
Une enquête toujours en cours
Pedro Sánchez a par ailleurs exclu toute responsabilité « d’une manière ou d’une autre » des autorités marocaines : « Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d’une manière ou d’une autre, des autorités marocaines. » L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de cet afflux et identifier les réseaux de désinformation impliqués.



