Crise à Ceuta: la France et l'Italie durcissent les contrôles
Ceuta: la France et l'Italie durcissent les contrôles

L'Italie a instauré, à compter de samedi, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne, ciblant les ressortissants non européens arrivant d'Espagne, a indiqué le ministère italien de l'Intérieur. La France a, pour sa part, annoncé vendredi que le nombre de policiers et gendarmes à la frontière franco-espagnole serait multiplié par cinq, soit 334 agents, à la demande du président Emmanuel Macron de « renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne ».

Ces mesures font suite à l'entrée illégale, cette semaine, d'environ 60 000 migrants venus du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta. Les migrants ont atteint la ville soit par la frontière terrestre, soit par la mer. Vendredi soir, le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé que plus de 48 000 personnes étaient déjà rentrées au Maroc. Depuis le milieu de la nuit, des centaines de migrants, surtout des jeunes, ont commencé à être renvoyées à bord de dizaines d'autobus. Selon le gouvernement local de Ceuta, 34 personnes sont mortes, dont beaucoup par noyades.

Les retours s'organisent dans une ville sous tension

Les autorités espagnoles poursuivent le rapatriement des migrants par groupes, avec des autobus qui partent à intervalles réguliers. La ville de Ceuta est quadrillée par un important dispositif militaire et policier, en particulier autour du port où embarquent les ferries à destination du continent européen. Vendredi soir, des policiers à moto poursuivaient des groupes de jeunes hommes dans les rues pour les disperser. Sur la plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, certains allumant des feux à quelques mètres d'un véhicule de police.

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La France renforce immédiatement la frontière espagnole

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vendredi que le nombre de policiers et gendarmes à la frontière franco-espagnole serait porté à 334 dès samedi, soit cinq fois plus qu'auparavant. Cette décision répond à la demande formulée par Emmanuel Macron de renforcer les contrôles frontaliers avec l'Espagne. Elle illustre la préoccupation des autorités françaises face aux conséquences possibles de la crise de Ceuta sur le territoire national.

L'Italie réclame une suspension de l'Espagne de l'espace Schengen

L'Italie avait annoncé dès jeudi sa volonté de suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une proposition soutenue par la Finlande et le Danemark. Madrid a sèchement rejeté cette idée, la qualifiant de « démagogique ». Des juristes interrogés par l'AFP estiment qu'une telle suspension est impossible à appliquer dans le cadre légal actuel. Les images de la crise ont toutefois relancé les appels de la droite et de l'extrême droite européennes en faveur d'un durcissement des contrôles aux frontières internes de l'Union.

L'appel à l'unité de Pedro Sanchez

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a pris la parole sur X pour appeler à la cohésion européenne : « Ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie ». Cette déclaration intervient alors que la gestion de la crise migratoire provoque des tensions entre États membres, certains réclamant une révision de la politique d'asile et des frontières.

À Ceuta, le désespoir des jeunes migrants

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta. Beaucoup ont tout quitté au Maroc pour tenter leur chance en Europe. « Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen », témoigne Mohamed, 35 ans, chauffeur de taxi à Ceuta. Les opérations de renvoi se poursuivent, mais la pression migratoire sur l'enclave espagnole demeure extrême, et les autorités locales comme nationales peinent à endiguer un afflux d'une ampleur inédite.

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