Ceuta : 67 migrants morts en tentant de rejoindre l'enclave à la nage
Ceuta : 67 morts en tentant de rejoindre l'enclave

Les garde-côtes espagnols ont renforcé leurs patrouilles au large de Ceuta après la découverte de nouveaux corps, portant à 67 le nombre de migrants morts en tentant d’atteindre l’enclave à la nage. Ce nouveau bilan, communiqué samedi 1er août par le gouvernement espagnol, marque une aggravation nette par rapport aux premières estimations.

Un bilan revu à la hausse

Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, des corps ont été repêchés au large de Ceuta et sur les plages, aussi bien du côté espagnol que du côté marocain. Les opérations de recherche se poursuivent, mobilisant des hélicoptères et des embarcations de sauvetage. Sur le port de Ceuta, des familles attendent des nouvelles de leurs proches, parfois depuis plusieurs jours.

Ce drame survient dans un contexte de hausse des tentatives de traversée vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, souvent décrites comme les seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le continent africain.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une traversée extrêmement périlleuse

Les migrants, originaires principalement d’Afrique subsaharienne, entreprennent de contourner les barrières frontalières en se jetant à l’eau. La mer, parfois houleuse et froide, rend la nage particulièrement dangereuse. Beaucoup partent du littoral marocain voisin, au niveau de la ville de Fnideq, avec pour objectif d’atteindre les plages de Ceuta.

Les associations humanitaires dénoncent depuis longtemps le manque de moyens de sauvetage et l’impossibilité de demander l’asile autrement que par ces voies illégales. Elles appellent les gouvernements espagnol et marocain, ainsi que l’Union européenne, à ouvrir des canaux migratoires légaux.

Un point de passage sous tension

Ceuta, petite ville de 85 000 habitants, est séparée du Maroc par une double clôture de six mètres de haut. Mais la mer constitue une voie d’accès alternative, malgré les courants dangereux. Les passages à la nage sont régulièrement observés, surtout pendant les mois d’été lorsque la température de l’eau est plus clémente.

Les autorités espagnoles ont renforcé ces dernières années la surveillance du périmètre maritime avec des drones, des caméras thermiques et des patrouilles de la Guardia Civil. Cependant, ces dispositifs restent insuffisants face à l’afflux de candidats à l’émigration.

Des réactions politiques sous pression

Le chef du gouvernement espagnol a exprimé sa "profonde tristesse" face à ce drame et a annoncé une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances des décès. Le gouvernement marocain a présenté ses condoléances et a réaffirmé son engagement dans la lutte contre l’immigration irrégulière.

Ce nouveau bilan relance le débat, déjà vif, sur la politique migratoire de l’Union européenne. Plusieurs élus européens demandent une révision des accords de réadmission avec le Maroc, tandis que les organisations de défense des droits de l’homme plaident pour une approche plus humanitaire.

Les opérations de secours restent mobilisées pour tenter de retrouver d’éventuels survivants. Le gouvernement espagnol précise que le bilan pourrait encore évoluer dans les prochaines heures. Les personnes secourues sont prises en charge par la Croix-Rouge dans un dispositif d’urgence installé près du port. Beaucoup souffrent d’épuisement, d’hypothermie ou de brûlures causées par les rochers. Les enfants sont particulièrement vulnérables, selon les premières informations communiquées sur place.

Ce drame intervient alors que les relations entre Madrid et Rabat sont déjà tendues sur d’autres dossiers, notamment le Sahara occidental. La question migratoire reste un point de friction permanent, mais aussi un sujet de coopération entre les deux pays.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale