L'Union européenne a finalement adopté ce jeudi 23 juillet un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, après des semaines de négociations difficiles entre les Vingt-Sept. Ce texte, le onzième depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, vise à renforcer la pression économique sur Moscou en ciblant notamment les secteurs de l'énergie, de la finance et de la technologie.
Des discussions tendues jusqu'au bout
Les discussions ont été particulièrement houleuses autour de la question des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Plusieurs pays, dont la Hongrie et la Slovaquie, ont exprimé leurs réserves, craignant des conséquences économiques pour leurs propres marchés. Finalement, un compromis a été trouvé : les nouvelles mesures prévoient une interdiction progressive des importations de GNL russe, avec une période de transition de douze mois.
Selon une source diplomatique européenne, « c'est un signal fort envoyé à Moscou, mais aussi un exercice d'équilibriste entre les différentes sensibilités des États membres ». La Hongrie a obtenu des garanties sur l'approvisionnement énergétique via d'autres sources, tandis que la Slovaquie a négocié une exemption pour certains contrats en cours.
Des mesures ciblées contre l'évasion des sanctions
Le nouveau paquet comprend également des dispositions visant à lutter contre l'évasion des sanctions, notamment via des pays tiers. Les entreprises européennes seront désormais tenues de vérifier plus rigoureusement leurs chaînes d'approvisionnement pour éviter que des biens à double usage ne parviennent en Russie via des intermédiaires. En outre, 45 nouvelles personnes et 7 entités ont été ajoutées à la liste des personnes sanctionnées, portant le total à plus de 1 800.
Le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a déclaré : « Ces sanctions montrent notre détermination à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra. » Il a également souligné que l'impact économique sur la Russie se faisait déjà sentir, avec une baisse de 5 % du PIB russe en 2025 selon les estimations de la Commission européenne.
Des réactions contrastées
Du côté de Moscou, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces sanctions de « contre-productives » et a promis des mesures de rétorsion. En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a salué une « décision importante », tout en appelant à des sanctions plus sévères, notamment sur le secteur nucléaire russe.
Les experts estiment que l'efficacité de ces sanctions dépendra de leur mise en œuvre. Selon une étude du think tank Bruegel, les sanctions précédentes ont réduit les recettes d'exportation de la Russie de 30 % en 2024, mais Moscou a réussi à contourner une partie des restrictions via des partenaires comme la Chine et l'Inde.
Un processus décisionnel complexe
L'adoption de ce nouveau paquet illustre les défis de la politique étrangère européenne, où l'unanimité est requise pour les sanctions. Les prochaines étapes pourraient inclure un élargissement des restrictions au secteur du diamant, une demande de la Belgique, ainsi qu'un renforcement des contrôles sur les exportations de technologies avancées.
Ce onzième paquet de sanctions entre en vigueur immédiatement, mais certaines mesures, comme l'interdiction du GNL, seront appliquées progressivement. L'UE continue de surveiller l'évolution de la situation et n'exclut pas de nouvelles mesures si la Russie intensifie son agression en Ukraine.



