Au cœur des montagnes de Haute-Savoie, une poignée de dirigeants tenteront d'apporter des réponses aux crises qui secouent l'ordre mondial. La cité thermale d’Évian-les-Bains, au cœur des Alpes, accueille du 15 au 17 juin le groupe des Sept (France, États-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Italie et Allemagne). Un sommet à haut risque, organisé par Emmanuel Macron, dans un contexte international particulièrement instable.
Un dispositif de sécurité exceptionnel
Le dispositif de sécurité est exceptionnel : près de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et gardes-frontières seront mobilisés, appuyés par des bateaux, des drones et des motos. Objectif aussi : faire oublier un souvenir encore vif dans la station savoyarde, celui du G8 de 2003, qui avait vu déferler des dizaines de milliers de manifestants altermondialistes.
Le Moyen-Orient au cœur des débats
Cette édition 2026 s’ouvre sur la première réunion transatlantique depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février. Le conflit au Moyen-Orient devrait donc dominer les discussions, alors que les échanges de tirs entre les États-Unis et l’Iran ont repris en début de semaine malgré les appels au cessez-le-feu. Les Européens, ainsi que le Canada et le Japon, ne soutiennent pas ces affrontements et plaident pour une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, dont la fermeture pèse sur l’économie mondiale en faisant s'envoler les prix du carburant.
L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar doivent par ailleurs être associés à une session du sommet, mardi 16 juin. Emmanuel Macron a jugé “très important” de trouver “des voies et moyens de coopération”, selon des propos repris par Euronews.
L'Ukraine et l'incertitude Trump
Autre front majeur : l’Ukraine. Les Européens espèrent y redevenir des acteurs centraux. Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Évian, avec l’objectif d’obtenir un soutien accru à sa proposition de dialogue direct avec Vladimir Poutine, ainsi que l’abandon de toute exigence de retrait ukrainien du Donbass.
Les discussions devraient porter également sur la poursuite de l’aide militaire et les conditions d’un éventuel cessez-le-feu, comme le rappelle le journal Les Echos. Une session sera également consacrée à “travailler à l’unité derrière l’Ukraine” et aux conditions d’un dialogue avec la Russie, qui a envahi le pays en février 2022. “C’est très important pour nous parce qu’il faut recréer de la convergence au G7, en soutien à l’Ukraine sur les différents aspects de la guerre”, a expliqué Emmanuel Macron lors d’un échange avec la société civile à l’Élysée, évoquant notamment les divergences avec Donald Trump sur ce dossier.
Le sommet intervient également dans un climat d’incertitude autour du président américain. Son comportement et ses positions commerciales inquiètent les partenaires du G7, qui espèrent qu’il adoptera des dispositions favorables aux compromis. “Il n’est pas possible de ‘gérer Trump’ comme pendant son premier mandat”, observe la chercheuse Liana Fix à la Tribune. Tous les membres du G7 ont déjà subi ses pressions commerciales et diplomatiques, et les Européens se disent prêts à “espérer le meilleur tout en se préparant au pire”. Le président français souhaiterait notamment convaincre son homologue américain de rester pour un dîner à Versailles mercredi soir.
Macron veut s'attaquer à la Chine
Par ailleurs, Emmanuel Macron veut faire du G7 un moment clé sur les bouleversements commerciaux mondiaux, notamment liés aux exportations chinoises subventionnées. Mais les chances d’une réponse commune semblent faibles, en raison des divergences entre Européens et Américains et de la réticence de Pékin, rapporte Politico. Avant le sommet, Emmanuel Macron a déjà réuni les dirigeants autour d’une rencontre intitulée “Convergence mondiale pour la croissance”, consacrée aux déséquilibres macroéconomiques entre le G7 et la Chine. La France, de son côté, pousse depuis longtemps l’Union européenne à durcir sa réponse, dans un contexte où le déficit commercial européen avec Pékin continue de se creuser.
Un club fermé ?
Enfin, plusieurs dirigeants de pays émergents – le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde et le Kenya – ont été invités à certaines séquences, afin d’éviter que le sommet ne soit perçu comme un club fermé. Des ouvertures qui ne suffiront pas à faire oublier un G7 régulièrement critiqué pour son entre-soi.



