G7 à Évian : les habitants entre résignation et colère face aux restrictions
G7 à Évian : habitants entre résignation et colère

Un dispositif de sécurité sans précédent

À sept jours du sommet du G7, qui réunit les chefs d'État des grandes puissances mondiales du 15 au 17 juin, la ville d'Évian-les-Bains, en Haute-Savoie, vit au rythme des préparatifs sécuritaires. Déjà, des barrières ont été installées le long du lac et sur certains axes routiers. Les forces de l'ordre sont omniprésentes. « Il y a des policiers partout mais impossible de prendre un ticket à l'horodateur ! », s'exclame une touriste sur un parking du centre-ville. Avec son mari, elle a anticipé sa visite avant l'arrivée des dirigeants, dont Donald Trump. À partir du 10 juin, le dispositif de sécurité par zones est activé, rendant l'accès à certains secteurs contrôlé.

Les habitants contraints de s'adapter

Pour Mathilda, résidant dans le centre-ville, la situation est ubuesque. « Cela signifie que je ne peux pas entrer chez moi comme je veux », déplore-t-elle. Elle a choisi de quitter la ville avant le sommet, hébergée chez des amis loin d'Évian. « Depuis dix à quinze jours, Évian se vide. Il y a plus de policiers que d'habitants. C'est une ville fantôme avec un commando incroyable. Ils ont privatisé une ville pour des discussions qui ne mèneront sûrement à rien », s'insurge-t-elle. Une de ses amies, infirmière, a dû réserver une chambre d'hôtel pour ne pas arriver en retard au travail. Noah, 24 ans, frontalier, a posé des jours de vacances. « La ligne de train a été supprimée, remplacée par des cars. Mon père et mon frère ont aussi pris leurs congés. C'était trop compliqué avec les passes, les transports et les contrôles », explique-t-il. Même pour se baigner au lac, habituellement accessible à pied depuis chez lui, il devra prendre la voiture.

Les commerces entre adaptation et fermeture forcée

Certains commerces restent ouverts mais subissent les conséquences. Célia Lavy, de la fromagerie du Noyer, observe une baisse de clientèle. « L'impact le plus fort est logistique : trouver une place pour se garer et passer les contrôles », confie-t-elle. Le restaurant La Pizza, bien placé, maintient son activité avec des plats à emporter. En revanche, Grégory Bene, propriétaire d'une buvette sur la Place rouge, a reçu l'obligation de fermer. « Le camp antimissile s'est installé devant ma terrasse. Nous sommes entre les barbelés, les barrières, le bruit des moteurs et l'odeur de gaz », décrit-il. Le week-end précédent, son chiffre d'affaires a chuté des deux tiers. Malgré ses demandes, aucune indemnisation ne lui sera versée. « J'ai deux employés à payer, des charges, des pertes. On m'avait promis que je pourrais nourrir les militaires, mais je me retrouve sans considération », ajoute-t-il, annonçant une action en justice.

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La maire mise sur la vitrine internationale

Josiane Lei, maire d'Évian-les-Bains, reconnaît les contraintes : « La vie va changer pendant quelques jours, avec des contraintes importantes. » Toutes les infrastructures sont réquisitionnées : palais Lumière, palais des festivités, gymnases, conservatoire, stades servant de pistes d'hélicoptères. Malgré les difficultés, elle considère l'accueil du G7 comme une fierté. « C'est une semaine où on est au centre du monde. Évian est connue pour son eau, mais pas forcément comme ville. Ce sommet place la commune sur la carte, c'est une belle vitrine », assure-t-elle. Et la ville ne s'arrête pas là : le mois prochain, elle accueillera une étape du Tour de France.

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