G7 à Évian : 18 000 forces de l'ordre pour un sommet sous haute sécurité
G7 à Évian : 18 000 forces de l'ordre mobilisées

Après Biarritz en 2019, le sommet du G7 se déroule à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin. La ville de Haute-Savoie avait déjà accueilli les dirigeants des sept puissances mondiales – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Japon et Italie – avec la Russie en plus, formant alors le G8, en 2003. Plus de vingt ans après, la sécurisation des lieux représente « un nouveau défi », confie Josiane Lei, maire de la commune.

Pourquoi Évian ?

La ville a « l'habitude des événements mondiaux aux symboles importants », relève l'élue, rappelant que sa commune a « souvent été sur le devant de la scène internationale » dans l'Histoire. Elle cite les guerres mondiales et les accords d'Évian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie. Mais selon elle, la ville a été choisie parce qu'elle est « relativement facile à sécuriser ». « D'un côté, on a un lac, de l'autre, la montagne, indique-t-elle. On a aussi les infrastructures nécessaires, avec un côté pratique. Il était plus facile d'avoir un même lieu où les chefs d'État dorment et se réunissent. » Cette ville de 4,3 km² et d'environ 9 000 habitants devient ainsi, le temps d'un sommet, l'un des sites les plus sécurisés du monde.

Un dispositif exceptionnel

Avec le contexte international tendu, mais aussi les risques « terroristes, de sabotage, de cyberattaque, de troubles à l'ordre public », Emmanuelle Dubée, préfète du département, a rappelé la nécessité du déploiement d'un « dispositif exceptionnel » de sécurité. Les chiffres sont impressionnants : plus de 7 000 policiers et 6 000 gendarmes sont déployés pour la sécurisation des sites du sommet. À cela s'ajoutent 460 motocyclistes assurant les cortèges de délégation et 200 policiers nationaux pour « la protection rapprochée des chefs d'État et de leurs conjoints ». Plus de 830 personnes s'occupent des frontières. Sur le lac Léman, 30 embarcations sont positionnées, en coopération avec les autorités suisses.

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Pour veiller à la sécurisation des airs, un camp antimissile a été installé sur la Place rouge. « Plus de 900 militaires ont aussi été engagés pour la sûreté terrestre, lacustre et aérienne », souligne la préfecture. Au total, près de 18 000 personnes sont mobilisées. « Il y a plus de policiers que d'habitants », a fait remarquer une résidente du centre-ville.

Une ville « sous cloche »

Pour faire face aux risques terroristes et de troubles à l'ordre public, une zone rouge a été instaurée autour de l'hôtel Royal Evian Resort où se tiendront les discussions entre les chefs d'État. Elle est interdite d'accès du 10 au 18 juin, sauf « avec un motif impérieux dûment justifié », précise la préfecture. La « zone bleue », qui couvre le reste d'Évian ainsi que les communes de Neuvecelle et de Publier, nécessite un « pass G7 » pour y entrer ou la traverser. Dans l'eau, des zones ont aussi été délimitées. Les activités nautiques de loisirs peuvent se dérouler dans des « conditions normales », à l'exception d'une zone d'exclusion de 2,2 km de rayon.

La gare d'Évian est fermée du 11 au 17 juin inclus, et la ligne sur le lac entre Évian et Lausanne est suspendue. Près de 600 lycéens ont même passé des épreuves de leur bac à Thonon, escortés par la police. « La ville est vraiment sous cloche », lançait une résidente, voyant « le commando » s'installer dans sa ville, quelques jours avant le sommet.

Vingt ans après le G8

En 2003, Évian avait déjà vécu cet exercice pour le G8. « Nous, la municipalité, on n'est qu'un relais dans l'organisation », rappelle Josiane Lei. Ses services ont « ressorti toutes les archives » pour « partir de l'existant » et reprendre « tout ce qui avait fonctionné ». Certaines choses n'ont pas changé, comme le camp antimissile sur la Place rouge, déjà présent. D'autres, si. « Le monde a changé et les moyens sont différents, poursuit la maire. Avant, on n'avait pas les drones, par exemple. » Le contexte « tendu », lui, n'est pas nouveau non plus. « En 2003, il y avait la guerre en Irak », rappelle l'élue. Et lors du G8, Genève avait été marquée par des violences. « Des manifestations peuvent avoir lieu dans les villes voisines, mais il n'y a pas de crainte de révoltes à Évian. C'est impossible vu toutes les forces de l'ordre présentes », assure Josiane Lei.

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